Le président kenyan William Ruto a demandé un calendrier pour le dialogue lors d'un sommet spécial des présidents de la Communauté des États d'Afrique de l'Est sur la guerre au Nord-Kivu entre l'armée gouvernementale congolaise et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda.
Le président kenyan William Ruto estime que le dialogue doit également être envisagé pour résoudre le problème sécuritaire qui prévaut au Nord-Kivu, y compris la question du M23.
“Nous devons nous mettre d'accord dans cette réunion sur le calendrier des déploiements. Nous devons convenir d'un calendrier pour l'engagement politique et le dialogue. Nous ne pouvons pas supposer que seule une solution militaire peut résoudre ce problème”, a déclaré le chef d'État kényan. “La situation sécuritaire en République démocratique du Congo appelle un effort concerté de la part de la région. Nous exhortons toutes les parties à s'engager dans le dialogue pour la stabilité et la prospérité de la RDC”, a-t-il souligné.
Pour lui, c'est aussi une façon de venir en aide au peuple congolais. "Nous ne pouvons pas nous détourner du peuple de la RDC, l'histoire sera très dure avec nous. Nous devons faire ce que nous avons à faire. Tous les membres de l'EAC qui ont promis de déployer des troupes doivent le faire conformément à leurs engagements respectifs", a-t-il insisté.
Le calendrier de négociations n’apparaît pas pour le moment parmi les grandes lignes retenues au cours de la rencontre. Toutefois, les chefs d'État de l'EAC viennent de s’accorder sur le retrait de tous les groupes armés, dont le M23, des zones occupées d'ici le 30 mars 2023, sur un cessez-le-feu immédiat et sur la réinstallation des personnes déplacées internes. Ils ont également noté la présence de réfugiés dans les républiques du Rwanda et de l'Ouganda et ont recommandé leur rapatriement en RDC.
Par ailleurs, les participants au sommet ont également recommandé la formation d'un mécanisme de suivi et d'évaluation de l'EAC pour compléter le mécanisme de vérification conjoint élargi et le mécanisme de vérification adhoc.
Du côté de l'opposition congolaise, la sénatrice Francine Muyumba a vivement critiqué la réunion d'Addis-Abeba, affirmant que la force régionale de l'EAC est un accord empoisonné et que tous les Congolais doivent contribuer à son échec. "Si nous devons conclure un accord sur la sécurité, il n'est pas tard. Nous devons le faire avec la SADC en toute humilité et mettre la force de l'EAC à la porte. Il est temps d'écouter", a-t-elle déclaré.
Il convient de noter que le président du Rwanda, Paul Kagame, également présent à Addis-Abeba, a rencontré vendredi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres. Les deux personnalités ont discuté de la sécurité dans la région des Grands Lacs, notamment de l'escalade de la crise dans l'est du Congo.
KMC, Kinshasa