La ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, a été le théâtre d'un drame la semaine dernière. Les éléments de l'armée congolaise sont accusés d'avoir ouvert le feu sur un groupe de manifestants, tuant au passage au moins une cinquantaine parmi eux.
Les récents événements tragiques qui ont eu lieu à Goma continuent de secouer la Nation toute entière tant il existe encore plusieurs zones d’ombre sur le tableau. Également à l’origine de cette indignation générale, l'accusation selon laquelle des éléments de l'armée congolaise ont tué au moins cinquante personnes, principalement membres d'une secte, lors d'une marche prévue contre la présence de la mission de l'ONU en RDC et celle les forces de l'EAC.
Mais alors que les procès ont déjà commencé à Goma en présence de personnalités politiques de haut rang, notamment le vice premier ministre de l’intérieur Peter Kazadi et celui de La Défense, Jean-Pierre Bemba, le député national Claudel Lubaya soulève une question cruciale : qui dans la chaîne de commandement est responsable de cet acte effroyable.
Claudel Lubaya, membre du parlement, met en doute la communication officielle du gouvernement, de l'armée et du parquet. Selon lui, les militaires ne peuvent pas agir de leur propre initiative, en particulier lorsqu'ils portent des uniformes officiels et utilisent des armes à feu. D’après lui, ils ont agi en tant qu'agents de l'État, et cela soulève la question fondamentale de la responsabilité des autorités dans cet acte. “L’armée est un corps organisé, discipliné et structuré. Les militaires ne peuvent agir de leur propre initiative sans en avoir reçu formellement l’ordre […] Ils ont engagé la Garde présidentielle, les forces spéciales et la hiérarchie politique et militaire”, commente le député.
“Du Président de la République et Commandant suprême, en passant par le Ministre de la défense, le Commandant de la Garde républicaine, le Gouverneur militaire, jusqu'au Commandant du peloton d'exécution, qui a donné l'ordre de tuer ? Cette interrogation pointe du doigt la nécessité de déterminer où la responsabilité ultime réside” s’interroge en outre Claudel Lubaya qui sous-entend que pour comprendre qui est responsable, il est essentiel de remonter la chaîne de commandement.
Lubaya insiste sur le fait qu'il s'agit d'un crime d'État. Les militaires ont agi au nom de l'État, en utilisant les moyens régaliens de l'État. “Il s’agit donc, ni plus ni moins, d’un crime d’Etat dont les autorités devront répondre”, soutient le député Claudel Lubaya.
CongoRassure