Cette boisson fortement alcoolisée a fait la une des saisies depuis plusieurs années en province du Nord-Kivu tant à l’importation comme à la commercialisation sur le marché Congolais. Mais elle commence petit à petit à être visible dans des boutiques et bistrots de la ville de Goma depuis plus d’une année, coïncidant avec la présence des combattants du M23 dans des zones réputées pour la contrebande de ce produit considéré comme toxique pour la jeunesse Congolaise.
Son abondance sur le terrain en cette période où le trafic sur la route Goma-Rutshuru est suspendu laisse passer une panoplie de questions, mais qui restent dans l’entièreté sans réponse convaincante les importations étant également en péril sur cet axe routier liant la ville de Goma à la république voisine de l’Ouganda, grainier de ce produit ayant une place de choix chez nombreux consommateurs de ce genre des boissons en ville de Goma, suite à son prix bas et l’arôme qu’il propose à ses consommateurs.
Dans une investigation menée par CONGORASSURE.CD pour comprendre la cause de la présence abondante de ce produit jadis prohibée en République Démocratique du Congo, il s’est révélé que « Chief Waragi », produit Ougandais, paraîtrait depuis plus d’un an, comme une boisson fortement alcoolisée possédant des lots officiellement produits destiné à l’exportation par l’Ouganda pour arroser une bonne partie de l’Est de la RDC bien qu’officiellement ce produit reste prohibée par Kinshasa.
En regardant sur le coup de ce flacon en plastique sur la photo en illustration, vous trouverez la date de fabrication, celle d’expiration suivie de la mention « export : DRC », comme dire destiné à l’exportation en RDC. Synonyme d’une importation couverte d’une certaine autorisation bien que la police traque tous les vendeurs de ce produit.
Toutefois, pour creuser un peu plus loin, la réalité révèle que tous les produits Ougandais prohibés par le régime de Kinshasa constituent une bonne affaire et circulent librement dans les zones sous contrôle des rebelles du M23. Ce qui été fait frauduleusement se fait officiellement à des quantités importantes.
Mais cela arrive jusque dans les zones gouvernementales par des voies qui pourtant sont sous le contrôle des forces armées de la RDC, donc par le road blocks de Kanyamahoho ou encore de Kilimanyoka ou se tient la dernière ligne d’attaque ou mieux de contrôle des FARDC en prévision de toute infiltration rebelle dans la ville de Goma.
Triste réalité qui pousse certains habitants de jeter un discrédit aux agents de l’ordre qui se fient à la récolte des taxes non traçables au détriment du bon maintien des certaines lois de la république visant la protection de la jeunesse du pays.
Ce produit vient s’ajouter à un nombre incalculable d’autres produits similaires produits localement qui pullulent sur le marché depuis la fermeture de PEMIDIS, une des entreprises réputées dans la production des boissons fortement alcoolisées en province du Nord-Kivu.
Une inquiétude que présente les vendeurs et consommateurs, à côté des certains parents de la ville. « Moi je suis là pour l’argent. Mais la façon dont ces produits abondent sur le marché me fait peur. Que le gouvernement revienne sur sa décision de faire respecter la restriction de l’importation et la fabrication de ces produits parce que les jeunes deviennent de plus en plus inconscients en le consommant », souligne Bernadette, tenancière d’un bistrot à Katoy.
Diddy MASTAKI, Goma