Panel sur la transformation numérique à Lubumbashi : la RDC partage son vaste programme numérique concernant les secteurs clés de la vie nationale
Représentant le ministère du Numérique au ICT Investment Forum Tanzanie-RDC 2022, Mme Olga Kavira, conseillère en charge de la gouvernance des logiciels et du contenu numérique, est intervenue mercredi lors du panel sur le thème : » Les initiatives numériques pour la transformation digitale en RDC « . Elle a présenté la feuille de route du programme de transformation numérique de la RDC dans les secteurs clés de la vie nationale.
Selon Olga Kavira, le ministère numérique est une grande « innovation » pour la RDC. Créé pour la toute première fois, ce ministère est totalement dédié au secteur numérique en vue de faciliter l’accès aux démarches administratives en ligne, de maximiser les recettes de l’État, de réduire la fracture numérique, de permettre aux agents de l’État, notamment ceux des zones rurales, d’être informés en temps réel de tous les mouvements de paie et d’accéder à cette paie en toute sécurité, et d’offrir des services numériques aux citoyens et au monde des affaires.
Au début, il y avait encore une confusion entre les attributions à donner au ministère des PTNTIC et au ministère du numérique, a indiqué la conseillère du ministre Kolongele, mais avec l’ordonnance n°22/003 du 7 janvier 2022 relative aux attributions des ministères, les choses sont désormais claires. Lors du Conseil des Ministres du 24 décembre 2021, le Gouvernement a validé le vaste et ambitieux programme de transformation numérique, qui s’articule autour de 5 secteurs prioritaires, à savoir l’identité numérique, l’administration publique, les finances, la santé et l’éducation.
Mme Olga Kavira a également rappelé la stratégie sectorielle mise en place au sein du Ministère du Numérique, qui permet aujourd’hui à l’écosystème Tech de la RDC de rester un partenaire important et non des moindres dans la transformation de l’économie de l’État.
“Le Ministère du Numérique reste sur la régulation des données, elles-mêmes, considérées comme élément essentiel dans l’échange et le traitement des informations au sein de cet écosystème. Elles ne peuvent avoir de valeur que si elles sont sécurisées, structurées et optimisées pour mieux servir” a-t-elle déclaré. « Pour ce faire, nous avons besoin de grands espaces de stockage de données pour les fonctionnaires, pour connaître les statistiques sur nos populations. C’est pourquoi le projet de construction d’un datacenter national est en cours. Et cela fait partie des missions du ministère du Numérique”, a précisé Olga Kavira.
« Comme nous savons que les solutions numériques que l’État doit gérer, ne viendront pas uniquement du secteur public, avec la réforme de l’administration en cours, et toute réforme prend de nombreuses années, le ministère du Numérique continuera à s’appuyer sur les acteurs locaux. C’est pourquoi le ministre a signé de nombreux protocoles avec les acteurs privés locaux, pour leur permettre de participer au renforcement des capacités des agents de l’administration publique, au développement de sites web, de solutions numériques, dans ce PTNRDC”.
Répondant aux différentes questions, Olga Kavira a souligné que le data center du gouvernement doit avoir la capacité de stocker des données : « Le ministre du Numérique a déjà commandé d’autres serveurs pour augmenter le volume et permettre aux autres ministères, qui n’ont pas d’espace de stockage, d’héberger leurs données dans le data center du Palais du gouvernement ».
Concernant la loi sur le secteur numérique, elle a indiqué que le pays ne dispose que de la loi du 25 novembre 2020 sur les télécoms et les TIC pour réguler le secteur des télécoms, mais aussi les utilisateurs des TIC. « Cette loi n’aborde pas les questions des prestataires de services de confiance dans le secteur numérique. Elle n’aborde pas non plus, par exemple, les questions liées aux activités numériques, à l’administration électronique ou même celles liées aux plateformes numériques ou celles liées au commerce électronique, au traitement des données publiques ou aux données personnelles. C’est pourquoi il est toujours important que nous ayons une autre loi qui, au passage, créera un cadre sain dans le secteur numérique. La correspondance électronique sera abordée, les échanges entre administrations seront abordés, la cybersécurité ou la sécurité des systèmes d’information, la certification électronique, l’approbation des applications du secteur public, toutes ces questions seront abordées dans cette nouvelle loi. Nous pensons que d’ici la fin de l’année, nous serons en possession de cette loi sur le code numérique” a-t-elle expliqué.
Le forum de deux jours, coorganisé par la République Unie de Tanzanie et la République Démocratique du Congo, a réuni des experts des deux pays afin de tirer parti des possibilités de collaboration en matière d’investissements, des commerces et des affaires dans les TIC, dans l’échange et partager d’expérience.