Ituri : Marc Soupa passe les rênes du CICR à sa remplaçante et rappelle que l’accès humanitaire à certaines régions reste problématique
La province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, est l’une des régions les plus instables du deuxième plus grand pays d’Afrique. En conséquence, les besoins humanitaires sont croissants et la contribution des travailleurs humanitaires et des agences internationales qui les emploient est cruciale. L’une des organisations qui se distinguent par leur travail, est le Comité international de la Croix-Rouge. Cependant, sur le terrain, les défis restent énormes, notamment celui de l’accès humanitaire dans certaines zones.
Depuis juin dernier, plus de 1.700.000 personnes déplacées ont été enregistrées dans la province d’Ituri, selon les rapports combinés des différentes organisations. Ces personnes qui ont été forcées de quitter leurs maisons suite à l’insécurité constante et entretenue par diverses forces négatives, vivent dans des conditions précaires dans leurs lieux de refuge.
Ces déplacés n’ont pas d’abri, pas de nourriture, encore moins de médicaments ou d’eau potable. Ce qui rend encore cette situation plus complexe, c’est que l’accès humanitaire vers certains territoires de l’Ituri reste compliqué. C’est ce qu’a déclaré, lundi 7 novembre, Marc Soupa, le désormais ancien chef de la sous-délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à Bunia.
En effet, alors qu’il présentait ses mots d’adieu devant un parterre de journalistes réunis pour un dîner de presse, Marc Soupa est notamment revenu sur les problèmes liés à l’accès humanitaire. « C’est un véritable défi de travailler dans ces zones où la situation sécuritaire change à tout moment », a-t-il déclaré, en présentant en amont le bilan annuel des activités du CICR en Ituri.
Toutefois, le CICR a enregistré d’un autre côté plusieurs avancées importantes. Durant l’année où Marc Soupa a été à la tête de l’ONG, plusieurs activités ont été menées en accord avec le mandat de l’organisation. En particulier, plusieurs interventions ont été menées, principalement dans le territoire d’Irumu, afin de limiter les conséquences du conflit armé sur les civils. Ainsi, plus de 20 000 personnes ont pu bénéficier d’une assistance sanitaire grâce aux structures de santé gérées par le CICR.
Outre la distribution de nourriture, de semences et d’articles ménagers essentiels, le CICR a également soutenu un champ communautaire de 8,5 hectares afin d’appuyer les efforts des autochtones qui accueillent des milliers de personnes déplacées ayant fui la guerre dans la région d’Aveba.
Il est à noter que Marc Soupa a passé le lundi les rênes du CICR dans cette partie de la RDC à sa remplaçante. Présent à Bunia depuis un an, il a cédé la direction de cette organisation humanitaire internationale à madame Clara Buelhoff. “J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec mon équipe, qui a fait preuve d’un grand engagement dans sa mission, toutefois les défis en Ituri restent énormes”, a-t-il déclaré à la presse locale, insistant sur le fait que pour continuer à être au plus près des victimes de la guerre dans cette province, le CICR doit aussi faire connaître sa mission à tous. D’où son appel aux médias pour qu’ils continuent à accompagner cette organisation et le domaine humanitaire en général dans le contexte difficile de l’Ituri.
A Clara Buelhoff, Marc Soupa a demandé de ne pas céder à la frustration, malgré tous les défis qu’elle peut rencontrer dans l’exercice de ses fonctions, d’autant plus qu’à partir de 2023, le CICR a exprimé son souhait de retravailler également dans le territoire de Djugu. Et cela 21 ans après que l’organisme a décidé de suspendre ses activités dans cette région, et ce, au lendemain de l’assassinat de 6 de ses agents.