Goma : La société civile présente son mémorandum aux consulats français et britannique après une marche pacifique
Comme prévu initialement, la marche pacifique de la coordination provinciale de la société civile force vive du Nord-Kivu a eu lieu le jeudi 24 novembre 2022 sur quelques artères principales du centre ville de Goma.
Cette marche, assez particulière, est partie dans sa première phase du rond-point Signer au consulat britannique juste à la Grande Barrière à la frontière avec la ville voisine de Gisenyi au Rwanda. Là, un mémorandum adressé au gouvernement britannique, fidèle partenaire du Rwanda, a été lu pour présenter l’indignation du peuple congolais suite à la guerre d’occupation que lui impose le régime de Kagame à travers le M23 sous un silence inquiétant de la communauté internationale.
Cette délégation d’une vingtaine de membres de la société civile et de leur suite composée essentiellement de motocyclistes et de membres de mouvements citoyens a été immédiatement reçue par M. Pênuël Ndeko, chargé de la sécurité à l’ambassade de Grande-Bretagne en RDC, et s’est dirigée vers l’Institut français de la ville de Goma sous une forte surveillance policière où le même mémorandum a été lu puis remis à M. Gautier Le Prêtre, conseiller politique de l’ambassadeur de France accrédité en RDC.
Le message principal de cette structure civile à la communauté internationale était de présenter le degré d’atrocités subies par les populations de l’Est du pays par le Rwanda et l’Ouganda depuis 1996 avec l’avènement de l’AFDL.
La Société Civile a formulé une liste de recommandations à l’endroit de toutes les autorités, y compris la communauté internationale pour demander au Rwanda et à l’Ouganda de retirer leurs armées opérant sur le sol congolais sous l’étiquette du M23, de sanctionner ces deux pays pour leur agression contre la RDC depuis plus de 25 ans, de créer un tribunal spécial sur l’Est de la RDC pour tous les crimes qui y ont été commis depuis 1996 jusqu’à ce jour et d’exiger du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi un dialogue inclusif avec leurs groupes rebelles dont les FDLR, ADF et RED NTABARA.
En outre, ils s’accrochent à leur demande de construction d’un mur de 10 mètres de haut entre le Rwanda et la RDC et de considérer le M23 comme une rébellion étrangère au même titre que les FDLR, ADF, RED NTABARA et MBORORO.
Pour la première fois, la marche s’est déroulée sans anicroche. C’est un point de satisfaction pour le commissaire divisionnaire , Dr Job Alain Alissa, qui a encadré les manifestants tout au long de leur parcours. Il a appelé les habitants de la ville de Goma à être vigilants et à ne pas céder au complot du Rwanda qui veut créer des troubles à l’Est du pays.