Nouveau tacle de Mbindule Mitono à son ancien parti l’UNC : L’engagement de Nairobi n’a plus de raison d’être
L’Union pour la nation congolaise (UNC), parti cher à Vital Kamerhe, vient de renouveler sa confiance à la coalition CACH, Cap pour le Changement. Et ce, conformément aux accords de Nairobi entre l’UNC et l’UDPS en vue de l’élection présidentielle de décembre 2018. Réagissant à cela, le député national Crispin Mbindule, qui a visiblement pris ses distances avec cette formation politique depuis quelque temps, a un tout autre avis.
Crispin Mbindule, député national élu de la ville de Butembo et ancien cadre de l’UNC de Vital Kamerhe dans cette ville de la province du Nord-Kivu, dit considérer que l’engagement de Nairobi a perdu sa raison d’être depuis la création de l’Union sacrée de la nation.
L’élu de Butembo l’a dit jeudi soir, sur la toile, réagissant directement à la déclaration de la direction du parti politique de l’ancien directeur de cabinet du président de la République.
« L’engagement (CACH) de Nairobi a perdu sa substance depuis la naissance de l’Union sacrée de la Nation. (Dynamique politique). Celui qui danse jusqu’à sortir du cercle, personne ne le regarde plus. Sagesse africaine » a réagi l’élu qui, ces derniers temps, se rapproche de plus en plus de la famille politique présidentielle.
Cette nième réaction de Crispin Mbindule contre le camp dans lequel il se trouvait jusqu’à récemment, a soulevé plusieurs réactions croisées dans l’opinion, et surtout de la part de ses anciens camarades du parti.
De nombreux membres de l’UNC n’ont visiblement pas apprécié « cette énième provocation » de celui qu’ils appellent le transfuge.
« Vous êtes à côté de la plaque. Les deux créateurs de CACH n’ont jamais déclaré la mort de cette coalition. Vous n’étiez pas à sa création, donc il n’y a que deux personnes, le président de la République et Vital Kamerhe, qui détiennent le secret de sa substance. En attendant, taisez-vous », a dans la foulée répondu un membre de l’UNC.
Et à un autre d’ajouter : « Citoyen Mbindule, quitter un parti politique ne signifie pas jouer la contradiction tout le temps, cela ne te sert à rien, et cette question de CACH te dépasse largement. Tu cherches à frimer pour rien compatriote, va contredire tes collègues députés ».
D’autres personnes ont toutefois choisi de se ranger derrière la déclaration de Mbindule Mitono. Toutefois, elles s’interrogent sur sa présence dans les rangs de ce même CACH, coalition qu’il juge pourtant dépassée. « Vous avez tout à fait raison. Je m’interroge également à ce sujet. J’aimerais cependant savoir comment expliquer votre présence, il y a quelques jours, lors de la lecture d’un communiqué à l’Assemblée nationale par un groupe parlementaire appelé CACH sur la guerre dans l’Est ! Un éclairage utile ».
Depuis quelque temps, le député Crispin Mbindule, également membre de la commission défense et sécurité à l’assemblée nationale, multiplie les contradictions à l’encontre de presque toutes les déclarations de Vital Kamerhe ou de son parti politique. Mbindule a notamment rejeté le plan de sortie de crise proposé par son ancien chef pour juguler la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Ceci était intervenu à quelques jours de la première tournée politique de l’autorité morale de l’UNC depuis sa libération de Makala, alors blanchi dans l’affaire du « projet 100 jours ».
Cette nouvelle opposition contre l’UNC confirme de plus en plus les rumeurs qui laissent entendre que pour les élections de 2023, ce député de Butembo entend rejoindre officiellement le parti présidentiel. Cependant, pour l’instant, il ne s’est pas encore exprimé publiquement sur son avenir politique après un important parcours dans le sillon de Vital Kamerhe.
Dans leurs réactions, les membres de la fédération UNC du Nord-Kivu considèrent cette attitude adoptée par M. Mbindule comme un non-événement. Ils soulignent que l’élu de Butembo est libre de faire sa politique et d’exprimer sa pensée. Cependant d’autres défections ont déjà été enregistrées dans cette province. C’est le cas d’un autre homme influent de cette formation politique qui a fait parler de lui après sa sortie, toujours controversée, de ce parti. Il a créé son propre parti politique. Aimé Bodji Sangara le 4 novembre dernier, a annoncé la création de son parti politique, le Mouvement national pour l’avenir (MONA), dont la mise en place est encore en cours avant son lancement officiel.