RDC : Examen du rapport relatif à la loi sur la transplantation d’organes jugé « inopportun », Philomène Anzwal se dit « déçue par les députés »
L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a examiné, en séance plénière mercredi, la loi sur la transplantation d’organes. Le projet de loi a été jugé « inopportun » par les députés, car le pays ne dispose pas de structures sanitaires adéquates pour permettre la transplantation et d’éviter le trafic d’organes.
Cependant, le professeur Philomène Lungu Anzwal, chercheuse au département des sciences biomédicales de l’université de Lubumbashi, s’est dite « très déçue » par la décision des députés. Des personnes meurent dans le pays à cause d’une insuffisance rénale, a-t-elle expliqué. Elle s’exprimait lors d’une conférence-débat intitulée « Face aux jeunes » organisée à l’Institut français de Lubumbashi par Habari RDC.
Cette chercheuse congolaise s’est dite profondément choquée. « Si le pays refuse cette innovation, la prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale, où vont-ils parce qu’ils n’ont pas de moyens suffisants », a-t-elle dit. « Savez-vous que les gens meurent par manque de moyens. Il y a aussi ceux qui meurent, non pas par manque de moyens (argent), mais parce qu’ils n’ont pas reçu les Visa pour aller se faire soigner à l’étranger. Il est donc possible d’avoir l’argent et de mourir chez soi ».
Malgré les décès enregistrés dans le pays à cause de l’insuffisance rénale chez les adultes et les enfants, les députés nationaux n’ont pas examiné le rapport de la commission sociale et culturelle mercredi, apprend Congorassure.cd.
Selon une revue synthétique de quatre études transversales menées dans la capitale Kinshasa, la prévalence globale de la maladie rénale chronique dans la population est de 12,4%. Il a ensuite été établi que 90% des personnes atteintes de maladie rénale chronique l’ignorent.
En réponse à cette préoccupation, Philomène Anzwal a déclaré à l’auditoire que tout le monde est exposé et est vulnérable à de nombreuses maladies. « Si l’un d’entre nous souffre d’une insuffisance rénale ou d’une hépatite, nécessitant une transplantation, il lui faut suffisamment de ressources pour sortir du pays. Qu’en est-il de ceux qui n’en ont pas ? »
« Si vous ne comprenez pas la nécessité de cette loi, c’est à vous de demander une explication à la commission, au lieu de la rejeter. Et ensuite de demander au gouvernement, de subventionner les hôpitaux, de faire en sorte que le prix soit bas et que les médicaments soient disponibles pour tous », a-t-elle ajouté.