À Goma et dans d’autres zones contrôlées par le M23, la rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce particulièrement difficile pour de nombreuses familles. Au-delà des frais scolaires, plusieurs parents dénoncent la multiplication des frais connexes exigés dans certaines écoles, alors que leurs revenus ont fortement diminué dans un contexte économique déjà éprouvant.
Des réunions de parents d’élèves et d’écoliers ont été organisées dimanche 13 septembre 2026 dans certaines écoles situées dans les zones sous contrôle du M23. Ces rencontres avaient notamment pour objectif de présenter aux parents les modalités de paiement des frais liés à l’année scolaire 2026-2027.
À Goma, plusieurs parents affirment que, parallèlement aux frais scolaires, dont certains montants seraient restés relativement stables tandis que d’autres auraient été revus à la hausse, les frais connexes prennent une place de plus en plus importante dans le budget familial.
Jusqu’à 24 000 francs congolais par an pour certains frais
Un parent ayant participé à une réunion dans une école dont le nom n’est pas révélé pour des raisons de sécurité décrit une accumulation de dépenses imposées pour la nouvelle année scolaire.
Selon son témoignage, les parents doivent notamment s’acquitter de 8 000 francs Congolais par trimestre, soit 24 000 francs pour l’année, auxquels s’ajoutent 10 000 francs par élève et par an, ainsi que 3 000 francs pour la carte d’élève.
À ces montants s’ajouteraient les frais liés aux photographies des élèves et écoliers, réalisées par des photographes présentés par le M23, selon ce même parent. Le montant de cette prestation n’était pas encore fixé au moment de son témoignage.
Les dépenses ne s’arrêtent pas là. Les familles doivent également prévoir l’achat de vareuses de sport, évaluées à environ 12 000 francs Congolais, ainsi que des rames de papier et d’autres frais liés à la scolarité.
« On ne sait plus comment faire »
Pour plusieurs parents, cette accumulation de dépenses devient difficilement supportable dans une ville où les conditions économiques restent fortement affectées par la crise.
« Franchement, on ne sait plus quoi faire et par où lancer nos cris. Avec tout cet argent, on ne sait plus comment nos enfants vont étudier, vu la situation économique que nous traversons », témoigne un parent.
Pour ces familles, le problème ne se limite donc plus au paiement des frais scolaires. C’est l’ensemble des dépenses liées à la scolarisation qui pèse désormais sur des revenus déjà fragilisés.
Des familles confrontées à la baisse des revenus
La situation est particulièrement difficile pour les ménages ayant perdu leurs activités économiques ou dont les revenus reposent désormais sur de petites activités de survie.
« Nous n’avons plus de travail. Avec le peu que nous gagnons par débrouillardise, c’est d’abord pour nourrir les enfants. Quand le M23 nous fait subir cette situation, c’est plus qu’une terreur. Que la communauté tant nationale qu’internationale prenne les choses en main », poursuit le parent.
Cette situation nourrit le sentiment d’impuissance exprimé par plusieurs familles qui peinent à concilier les dépenses scolaires avec les besoins élémentaires du ménage.
Des parents appellent à une intervention
Face à cette situation, certains parents espèrent une intervention des autorités Congolaises et de la communauté internationale afin que les populations vivant dans les zones sous contrôle du M23 puissent retrouver des conditions de vie et d’éducation plus normales.
Ils demandent notamment que la situation des familles soit prise en compte dans les réponses apportées à la crise dans l’Est de la RDC.
Pour ces parents, l’éducation des enfants ne devrait pas devenir une charge financière insurmontable dans un contexte où les familles ont déjà été durement affectées par le conflit, les déplacements et la perte de leurs moyens de subsistance.
La rentrée scolaire 2026-2027 met ainsi en lumière une autre réalité vécue dans les zones sous contrôle du M23 : derrière les frais scolaires, les frais connexes constituent désormais une charge supplémentaire que de nombreuses familles disent ne plus pouvoir supporter.
Rédaction