RDC : L’ancien Premier Ministre Matata Ponyo mis sous mandat d’arrêt provisoire
Deux jours après le début de son audition par le procureur général près la cour constitutionnelle, la justice a décidé, ce mardi 13 juillet, la détention provisoire de l’ancien Premier Ministre et actuel Sénateur Matata Ponyo Mapon.
C’est une issue que les proches de l’ancien Premier ministre de Joseph Kabila redoutaient fortement. Rentré hier chez lui libre après une longue journée d’audition, ses proches espéraient particulièrement un acquittement simple et sans accroc. C’était pourtant sans prédire l’issue de l’audition de cette deuxième journée. Visiblement pas convaincu, le procureur générale près la cour constitutionnelle a pris la décision de placer le sénateur Mapon en détention provisoire.
Qu’est-ce qui s’est réellement passé
Rien n’a filtré jusque-là de l’audition de ce mardi, qui clairement vient de marquer un tournant décisif ce jour dans le dossier qui oppose le sénateur à la justice congolaise.
Seulement, pour la journée d’hier, on sait que monsieur Mapon a été entendu au parquet général près la Cour constitutionnelle sur l’affaire de la Zaïrianisation. Aussi, après plusieurs heures d’audition, il est rentré chez lui en homme libre. Et donc, rien n’a aussi réellement filtré de cette première audition.
Que disent les soutiens du Sénateur
Hier, lundi 12 juillet, des sources judiciaires rapportent que les avocats conseils de l’ancien Premier Ministre ont plaidé devant le Conseil d’état pour l’annulation de la décision du bureau du Sénat portant sur la levée de ses immunités.
D’après eux, le bureau de la chambre haute n’avait pas donné suffisamment de latitude à leur client afin que ce dernier se défende correctement. Ils reprochent au bureau de Bahati Lukwebo d’avoir autorisé des poursuites par le parquet général près la Cour constitutionnelle, alors que le sénateur est justiciable devant la Cour de cassation.
Sous cape, un admirateur et ardent défenseur de l’ancien Premier ministre déclare qu’à l’allure qu’avaient pris les choses,tout ceci était prévisible. Selon lui, les dés étaient déjà jetés depuis belle lurette. « Les magistrats congolais aiment beaucoup le MAP. Ils y recourent en désordre, même quand toutes les conditions ne sont pas réunies. Pourtant la constitution est très claire sur cette question. »
De quoi la justice accuse-t-elle Matata Ponyo ?
Selon le réquisitoire déposé par le procureur général de la Cour constitutionnelle, Jean-Paul Mukolo, au bureau du Sénat le 24 juin dernier, pour indemniser les commerçants étrangers en 1973 et 1974, victimes des mesures de zaïrianisation, Augustin Matata Mponyo, alors Premier ministre avait ordonné le décaissement de plus de 110 millions de dollars et de près de 28 millions de dollars entre 2012 et 2013. Le procureur général soupçonne le Premier Ministre honoraire de n’avoir pas déversé cette somme aux vrais bénéficiaires.
-Par Christina Mukongoma, CongoRassure/Kinshasa