Eric Muhindo et Elisée Lwatumba, membres du mouvement citoyen Lucha, sont libres depuis la journée du 24 juillet 2021.
Libérés par décision du tribunal militaire de garnison de Beni-Butembo, présidé par le capitaine Lufulwabo Munyoka Jeff, les deux militants de Lucha auront passé 95 jours en détention. Néanmoins, la justice militaire a annoncé que malgré leur libération, l’instruction de leurs dossiers respectifs se poursuivra normalement.
Eric Muhindo et Elisée Lwatumba sont également soumis à une série de conditions, dont l’interdiction de quitter la ville de Butembo, ainsi que de se trouver dans des lieux publics, tels que les aéroports et les stades.
Les deux militants devront également se présenter devant les autorités judiciaires chaque fois qu’ils y seront invités. Ils sont également appelés à ne pas entraver le bon déroulement de l’action judiciaire.
« Cette décision de justice est un signe encourageant, même si nous espérions un non-lieu. Nous y croyons toujours et nous savons que la justice finira par acquitter complètement nos militants« , a déclaré Bienvenu Mathumo à CongoRassure.
Cette libération provisoire intervient alors que Human Rights Watch (HRW) a appelé le 19 juillet dernier les autorités congolaises à libérer « immédiatement et sans condition » les deux militants, dont l’ONG a qualifié l’arrestation d’arbitraire.
L’organisation internationale de défense des droits de l’homme a déclaré que l’arrestation des deux militants était fondée sur des « accusations infondées » dans un contexte de répression gouvernementale contre les mouvements pro-démocratiques.
Pour rappel, Elisée Lwatumba et Eric Muhindo ont été arrêtés le 19 avril 2021, après avoir manifesté dans la ville de Butembo. Ils sont accusés d' »incitation à la désobéissance civile » et de « menace d’attaque » et risquent jusqu’à cinq ans de prison, selon leur avocat.
Pour l’instant, un autre membre du mouvement citoyen Lucha reste en détention, Parfait Muhani, qui est toujours détenu à la prison centrale de Munzenze, cette fois dans la ville de Goma, pour un autre motif.
Par Lwanzo Kasoki