Lubumbashi : Justicia Asbl se réjouit de l’ouverture du procès pour viols des femmes détenues à la prison centrale de Kasapa
Par Adrien Ambanengo, CongoRassure Katanga
Le Tribunal de Lubumbashi a ouvert, le jeudi 28 octobre, le procès pour viols commis sur plusieurs femmes détenues à la Prison Centrale de Kasapa du 25 au 27 septembre 2020, soit exactement un an et un mois après les faits.
Enregistré sous le RP 14961, le procès oppose le Ministère Public et les parties civiles aux prévenus de viols commis à la Prison Centrale de Kasapa, 16 femmes constituées en parties civiles contre 10 prévenus.
Justicia Asbl se félicite de l’ouverture de ce procès, concernant le viol collectif de femmes résidentes de la Prison Centrale de Kasapa. Elle salue par ailleurs l’implication du Gouvernement Provincial du Haut Katanga pour la tenue de ces audiences dans la Prison de Kasapa ainsi que les interventions des organisations nationales et internationales et l’apport des médias dans cette lutte contre l’impunité des violences sexuelles.
« C’est l’occasion pour nous d’exprimer notre satisfaction, même si le Tribunal connaîtra certainement des difficultés en raison de l’absence de plusieurs victimes de ces viols qui ont déjà recouvré la liberté », indique le communiqué.
Compte tenu de ce qui précède, Justicia Asbl recommande ce qui suit :
➢ Au gouvernement provincial du Haut-Katanga
– De poursuivre son intervention en faveur des autorités judiciaires afin que les audiences qui viennent de débuter au tribunal mobile de la prison centrale de Kasapa se déroulent normalement en permettant aux 10 prévenus incarcérés à la prison de Buluo de comparaître devant leur juge naturel.
➢ Aux autorités judiciaires
– De prendre toutes les mesures pour que les présumés coupables soient présents et jouissent de leurs droits à un procès juste et équitable.
➢ Aux organisations internationales et nationales impliquées dans les questions de violences sexuelles.
– Poursuivre l’accompagnement des victimes dans différents aspects afin que l’ouverture de ces audiences ne puisse pas avoir d’impacts négatifs sur le plan mental;
– Observer le déroulement de toutes les auditions afin de faire des analyses objectives pouvant aboutir à des propositions concrètes dans la lutte contre les violences sexuelles en RDC.
Le 25 septembre 2020, des émeutes caractérisées par une tentative d’évasion ont été observées à la prison centrale de Kasapa. Une dizaine de détenus avaient mis le feu à plusieurs locaux, mettant ainsi les femmes détenues à la merci d’hommes qui n’ont malheureusement pas hésité à violer collectivement certaines d’entre elles.