Willy Bakonga libre : L’ACAJ confirme que les personnes condamnées pour blanchiment peuvent être libérées après une grâce présidentielle
Face au tollé soulevé par la libération inattendue de l’ancien ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Willy Bakonga, l’Association congolaise pour l’accès à la justice vient de réagir ce vendredi 26 novembre. La structure est claire : « l’ancien ministre a droit à cette libération. »
Selon l’ACAJ, après vérification minutieuse, « il s’avère que cette libération a été faite en exécution de l’ordonnance n° 21/059 du 28 juillet 2021 portant mesure collective de grâce ».
L’ONG de défense des droits de l’homme explique qu’en vertu des articles 1, 2, 3 et 4 de ladite ordonnance, » la remise de la peine restant à subir, égale ou inférieure à 5 ans, ou la réduction ou la commutation des peines, supérieures à 5 ans, restant à subir, est accordée à toute personne condamnée par une décision judiciaire devenue irrévocable au 30 juin 2021 « .
L’ACAJ précise qu’il est donc constaté que les personnes condamnées pour blanchiment d’argent à une peine égale ou inférieure à 5 ans, sont effectivement bénéficiaires de la mesure collective de grâce présidentielle du 28 juillet 2021.
Condamné à 3 ans de travaux forcés, l’ancien ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Willy Bakonga, a quitté sa cellule de la prison de Makala après quelques mois, le jeudi 25 novembre au soir.
Cette information a également été confirmée par la défense de M. Bakonga, qui n’a malheureusement pas pris la peine d’expliquer au public le mécanisme qui a conduit à la libération de l’ancien ministre de l’éducation nationale congolais.
Ce qui a suscité un tollé de messages de protestation sur les réseaux sociaux dès que la nouvelle de sa libération a été relayée par les médias.
En effet, Willy Bakonga avait été condamné à trois ans de servitude pénale le jeudi 29 avril à Kinshasa à l’issue d’un procès en flagrant délit à la Cour de cassation. Le ministère public avait requis 10 ans de prison, mais la cour s’était montrée plus clémente et n’avait retenu que le délit de transfert illégal de fonds à l’étranger.
Ainsi, bien qu’initialement accusé de détournement de fonds, le ministre honoraire avait en revanche été condamné pour blanchiment d’argent.
Il est à noter que l’ancien ministre de l’EPSP a été appréhendé avec son fils le soir du 20 avril à Brazzaville alors qu’il embarquait sur un vol Air France, avant d’être extradé vers Kinshasa. Son fils a été à son tour condamné à six mois de prison.
Mireille Kavira