BENI: Condamnation de 12 activistes de la LUCHA, la tension est montante dans certains recoins de la ville
Douze militants du mouvement citoyen lutte pour le changement (LUCHA) ont été condamnés à 12 mois de servitude pénale et une amende de 250 000 francs congolais. C’était au cours d’une audience tenue ce Vendredi 1er Avril 2022 à l’auditorat militaire de garnison de Beni.
Arrêtés depuis Novembre 2021 lors d’une marche pacifique, les treize militants de la Lucha dont une femme ont été reconnus coupables de désobéissance civile pour avoir manifesté contre la 12ème prorogation de l’état de siège.
Plusieurs semaines après le réquisitoire, le verdict a finalement été prononcé ce Vendredi. La peine de 12 mois de servitude pénale et une amende de 250 000 francs.
Pour la Lucha section de Beni cette décision de la justice militaire est tout simplement une honte, a déclaré Fabrice Mulwahali, membre de la LUCHA.
« Nous allons poursuivre la lutte, et continuer à exiger plus de sécurité, la levée de l’état de siège qui a montré ses limites
La lucha va également interjeter appel face à cette décision de la honte », a-t-il martelé.
Sur place à Beni, la situation est presque tendue dans certains recoins de la ville. Dans quelques quartiers des communes Mulekera et Bungulu, les jeunes envisagent déjà à manifester. Au carrefour principal du quartier Kanzulinzuli, situé sur la route Beni-Mangina, certains habitants brûlent des pneus et barricadent les rues pour protester contre la décision de la justice militaire.
Plus loin au centre commercial de Matonge, les commerçants ont été contraints de fermer les boutiques craignant une probable détérioration de la situation.
Détenus depuis presque cinq mois, Douze militants du mouvement citoyen lutte pour le changement, passeront encore plusieurs mois derrière les barreaux pour avoir manifesté contre la persistance de l’insécurité dans la région en dépit de l’état de siège.
Peu avant leur condamnation, ces jeunes activistes avaient présenté des sérieux problèmes de santé suite aux mauvaises conditions de vie auxquelles ils font face dans la prison centrale de Beni Kangbayi. En ce qui concerne la jeune Pamela Shabani, également arrêtée depuis Novembre 2021 puis incarcéré dans la prison pour femme, le tribunal a promis de se prononcer une fois que sa santé sera rétablie. Notons qu’elle poursuit jusqu’à ce jour des soins appropriés.
« On aurait jamais cru que Tshisekedi menacerait l’exercice de la liberté que Kabila! » s’est exclamé Stewart Muhindo, militant de la Lucha, à la sortie de ce verdict.
Nicole Lufungi