Le journaliste Stanis Bujakera, se trouve actuellement derrière les barreaux de la prison centrale de Makala, la plus grande maison carcérale de la capitale congolaise.
La décision du transfert à la prison de Makala du correspondant de JeuneAfrique, Reuters et directeur de publication d’actualité.cd, intervient à la suite de son audition ce jeudi en chambre du conseil du Tribunal de paix de Kinshasa-Gombe, qui avait été précédée par une requête de remise en liberté provisoire déposée après son arrestation.
Même si l’affaire a engendré un tollé au niveau national et international ainsi que de vives inquiétudes quant à la liberté de la presse dans le pays, le parquet de Kinshasa-Gombe a manifestement décidé de poursuivre l’audition du journaliste. Bien qu’interrogé comme prévu ce jeudi, le tribunal n'a pas eu l'occasion de rendre son ordonnance et Stanis Bujakera a été transféré à la prison centrale de Makala. Les avocats de Bujakera avaient déjà fait part de leur intention de faire appel en cas de refus de sa remise en liberté provisoire.
Avec le transfèrement de Stanis Bujakera à la prison Makala, l'affaire prend une autre tournure. Stanis Bujakera restera en prison en attendant l'ordonnance de la chambre du conseil lui accordant ou non la liberté provisoire. selon l’un des avocats du journaliste , Me Charles Mushizi, la chambre a 48h pour rendre l'ordonnance.
Il est à noter que l’incarcération de Stanis Bujakera ce jeudi à la prison de Makala suscite des réactions indignées de la part de plusieurs organisations des journalistes, notamment de la part de la structure Journaliste en Action. JA Asbl le biais de son président Blaise Zahinda, qualifie cette décision de "fait grave et regrettable pour la liberté de la presse". Pour lui, cette affaire est perçue comme “un recul par rapport à la situation de la liberté de la presse en RDC, qui avait déjà été mise à l'épreuve ces derniers mois”.
Stanis Bujakera a été placé en détention provisoire en raison de suspicions d'utilisation de documents falsifiés, ainsi que de diffusion de fausses informations. Cela fait suite à la publication d'un article et d'une note attribuée à l'Agence Nationale de Renseignements (ANR) par le magazine Jeune Afrique. Ces documents impliquent les services de renseignement militaires et un proche du président dans l'assassinat de l'ancien ministre Cherubin Okende. Il est à noter que bien que l'article incriminé ne portait pas la signature de Stanis Bujakera, le parquet le soupçonne d'en être l'auteur et exige qu'il révèle ses sources.
CongoRassure