Ces déplacés proviennent pour la plupart essentiellement des zones où les combats entre les rebelles du M23 et les patriotes Wazalendo ont éclaté depuis maintenant plus d’une semaine dans le territoire de Nyiragongo, dernier verrou sécuritaire protégeant la ville de Goma, où plusieurs autres milliers de victimes de ce conflit armé vivent en exode depuis mi-2022.
Dans une interview de CONGORASSURE.CD avec Théo Musekura, président des déplacés vivant dans le Nyiragongo, il affirme que depuis la reprise des hostilités, plus de mille (1000) autres personnes ont fui Kibumba et Buhumba, en territoire de Nyiragongo où se concentrent les accrochages entre les deux (02) belligérants.
Selon lui, ces déplacés ont quitté leurs villages sans aucun bien pour rejoindre les différents sites des déplacés éparpillés à Kanyaruchinya et Kibati, le long de la route nationale numéro deux (02) axe Goma-Rutshuru.
Depuis leur arrivée a ce lieu, ils n’ont jamais bénéficié d’une quelconque assistance humanitaire ni de la part des organisations non gouvernementales, ni du gouvernement provincial du Nord-Kivu, moins encore de la part de Kinshasa.
Ce qui constitue un point d’inquiétude pour Théo Musekura qui, au stade actuel craint une hausse du taux de mortalité dans la communauté des déplacés suite aux conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent dans ces sites.
Ils ont fui la guerre sans rien emporter avec eux. Ils ont été accueillis à la 8ème CEPAC et les autres à Kamchanga. Je ne sais pas comment nous allons les prendre en charge. Jusqu’au moment où je vous parle, ni les ONG, ni le gouvernement provincial moins encore le gouvernement national, personne n’a jusque-là pensé à eux. J’ai peur que nous puissions commencer à les enterrer à cause des conditions que nous traversons ici », a expliqué Théo Musekura.
Par ailleurs, il affirme que le bilan de décès dûs à ces conditions humanitaires déplorables ne cesse de prendre de l’ascenseur. Depuis leur arrivée dans ces différents sites, il dresse un bilan alarmant de plus de huit cents (800) déjà enregistrés.
Depuis 2022 nous avons déjà enregistré plus huit cents (800) personnes, a-t-il affirmé.
Il appelle Kinshasa et ses partenaires humanitaires à prendre la menace au sérieux en leur venant en aide et surtout à poursuivre les opérations militaires contre cette rébellion jusqu’à la libération et la consolidation de la paix dans leurs milieux d’origine pour qu’ils rentrent poursuivre la vie en toute quiétude.
Diddy MASTAKI, Goma