Sonia Rolley expulsée de la RDC, le bureau des Nations Unies aux droits de l’homme se dit préoccupé
L’expulsion de la journaliste française Sonia Rolley défraie la chronique depuis mardi soir et la polémique ne cesse de croître. Invitée à se présenter dans les locaux de la Direction générale des migrations, Sonia Rolley a été conduite Manu militari à l’aéroport de Ndjili et a été priée de quitter le territoire congolais.
Que s’est-il réellement passé pour que la journaliste Sonia Rolley soit expulsée de la RDC le mardi 08 novembre ? Alors que les spéculations vont bon train sur l’objet de l’expulsion de la française, d’autant plus que ce n’est pas la première fois, des sources proches de la Direction Générale de Migration, le service congolais pointé dans cette situation, suggèrent qu’il y a une autre raison, non politique et encore moins sécuritaire derrière cette décision comme certains voudraient le faire croire.
Ces sources rapportent que la journaliste Française et responsable de Reuters à Kinshasa a été expulsée parce qu’elle était en possession d’un visa de séjour qui avait déjà expiré depuis le 25 octobre 2022. Elles soulignent que dès le 28 octobre, Sonia Rolley a obtenu une réponse du ministre Muyaya concernant son accréditation, une demande formulée par Reuters. Le ministre congolais de la communication aurait rejeté cette demande mais toutefois, Patrick Muyaya aurait assuré à la journaliste qu’elle pourrait obtenir son accréditation prochainement.
Pour la DGM, Sonia Rolley était par conséquent en séjour illégal en République démocratique du Congo et bien qu’elle ait été expulsée, rien ne l’empêche de revenir sur le territoire congolais lorsque la société qui l’emploie actuellement sera en mesure de régulariser son dossier afin qu’elle puisse rentrer légalement en RDC.
Pour l’instant, Sonia Rolley n’a pas encore commenté cette version. Dans ces conditions, et compte tenu de la situation actuelle des journalistes en RDC, il est presque difficile de confirmer totalement ce que disent les sources proches de la migration. La responsable de Reuters à Kinshasa a simplement confié à quelques confrères qu’elle a reçu mardi une convocation écrite pour se présenter à la police de l’immigration à Kinshasa, qui, selon elle, a confisqué son passeport et l’a mise sur un vol pour Paris via Addis.
Selon Sonia Rolley, aucune raison de cette décision ne lui a été donnée. « Le service de communication de la police a renvoyé Reuters vers le ministère de l’Intérieur. Reuters n’a pas pu joindre le ministère de l’Intérieur mardi en fin de journée et les appels aux responsables du ministère de la Communication et des Médias sont restés sans réponse », a d’une autre part indiqué Clément Bonnerot, journaliste français et ancien correspondant de France24 en République démocratique du Congo.
De son côté, le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit préoccupé par l’expulsion de la journaliste Sonia Rolley. Le BCNDUH s’inquiète des conditions dans lesquelles cette expulsion a eu lieu et appelle les autorités à respecter les procédures en vigueur et à protéger les journalistes. L’organisation note également les difficultés rencontrées par d’autres correspondants de la presse étrangère pour obtenir ou renouveler leurs accréditations et exercer librement leur profession en RDC et encourage Kinshasa à maintenir un environnement sécurisé et propice à l’exercice de la liberté d’information, élément essentiel d’une société démocratique.