La démarche de l’Assemblée nationale visant à identifier, localiser et évaluer les moyens engagés par les députés dans des actions sociales et humanitaires suscite des interrogations au sein de la société civile. À Bunia, l’acteur social Célestin Alokani Bangutu estime que cette initiative risque de créer une confusion entre les missions du pouvoir législatif et celles de l’exécutif.
« Demander aux élus de rendre compte de leurs réalisations sociales et humanitaires, c’est dénaturer le rôle de l’Assemblée nationale », estime Célestin Alokani Bangutu, réagissant aux communications publiées le 05 octobre 2026 par le rapporteur de la chambre basse du Parlement.
Selon cet acteur social, le mandat des députés repose notamment sur l’élaboration des lois, le vote du budget et le contrôle de l’action du gouvernement. Il s’interroge ainsi sur la situation où les élus seraient eux-mêmes appelés à justifier leurs interventions sociales, alors qu’ils sont censés exercer un contrôle sur l’exécutif.
Célestin Alokani Bangutu considère que cette démarche pose également la question du respect du principe de séparation des pouvoirs. Pour lui, l’intervention des élus dans des actions sociales relève davantage d’initiatives volontaires et de solidarité envers leurs bases que d'une mission institutionnelle de l’Assemblée nationale.
Il rappelle toutefois que la prise en charge durable des besoins sociaux de la population demeure une responsabilité de l’État. Dans cette perspective, il estime que les moyens publics destinés aux interventions sociales et humanitaires devraient être confiés aux structures compétentes de l’État, notamment le Fonds national de promotion et de service social (FNPSS).
L’acteur social cite l’expérience de cet établissement public dans la réalisation et le suivi de certaines infrastructures sociales, notamment des écoles et des centres de santé, pour soutenir son plaidoyer en faveur d’un encadrement institutionnel des actions sociales.
Il appelle les élus ainsi que le bureau de l’Assemblée nationale à clarifier les responsabilités de chaque institution.
« Chacun doit être inscrit dans son rôle », plaide Célestin Alokani Bangutu, estimant qu’une meilleure répartition des compétences permettrait d’assurer un suivi plus cohérent des interventions sociales au profit de la population congolaise.
Joël Heri Budjo