Le gouvernement Congolais entre dans la phase d’arbitrage des crédits du prochain exercice budgétaire. Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, a entamé, mercredi 02 septembre au Centre financier de Kinshasa, une série de consultations avec les responsables des différents secteurs sur les enveloppes proposées dans le cadre de l’avant-projet de loi de finances 2027.
Entouré du Vice-Ministre du Budget, Elysée Bokumuana, du directeur de cabinet Blanchard Mongomba et du directeur général de la Politique et de la Programmation budgétaire (DGPPB), Rolly Lengo, Adolphe Muzito a reçu plusieurs membres du gouvernement et responsables sectoriels afin d’examiner leurs besoins et priorités et d’arrêter les ajustements nécessaires.
Ces échanges font suite aux travaux préparatoires de l’avant-projet de loi de finances organisés à Bibwa. Ils doivent permettre au ministère du Budget de confronter les demandes exprimées par les différents secteurs aux ressources disponibles, avant les arbitrages définitifs.
Parmi les principales revendications présentées mercredi, le secteur social a plaidé pour une hausse de ses crédits. La ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Eve Bazaïba, a notamment invoqué l’ampleur des besoins humanitaires auxquels le pays reste confronté.
« Lorsque nous demandons 0,07 % du budget global de la République, je pense que ce n'est pas exagéré. Mais il nous a été octroyé 0,05 %. Alors nous avons demandé une augmentation », a-t-elle déclaré, se félicitant d’avoir trouvé « une oreille attentive » auprès du ministère du Budget. Elle a également insisté sur la nécessité de garantir l’exécution effective des crédits qui seront finalement accordés.
La question du financement de l’inclusion a également été soulevée. La ministre déléguée chargée des Personnes vivant avec handicap, Irène Esambo, a demandé une amélioration des crédits de son secteur, notamment pour assurer le fonctionnement de deux établissements publics destinés à favoriser l’autonomisation et l’accessibilité des personnes vivant avec handicap.
Elle a par ailleurs évoqué la situation de 2 037 personnes vivant avec handicap recrutées dans l’administration publique, mais dont la mécanisation n’est pas encore effective. Selon elle, le Vice-Premier ministre a accepté le principe de leur accorder une prime. Son plaidoyer porte désormais sur la concrétisation de cette mesure.
Les autres secteurs entendus mercredi ont également défendu leurs priorités. La Formation professionnelle, la Jeunesse ainsi que la Pêche et l’Élevage ont notamment sollicité une augmentation des crédits qui leur sont proposés.
Dans l’Éducation nationale et la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu a, pour sa part, mis l’accent sur l’amélioration des conditions sociales des enseignants et des personnels administratifs. La ministre a salué la disposition du ministère du Budget à examiner les possibilités d’amélioration des crédits de son secteur.
« Nous sommes engagés avec le gouvernement à progressivement améliorer les conditions, notamment [...] pour nos enseignants et nos administratifs », a-t-elle déclaré, estimant que les spécificités de l’éducation étaient prises en compte dans les discussions.
D’autres demandes sont liées aux responsabilités particulières assumées par certains ministères. Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a ainsi défendu les besoins de son portefeuille, notamment ceux liés à la présidence Congolaise de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
« Nous avons été clairement entendus et nous espérons que, aux prochaines étapes également, les accords passés [...] pourront être concernés », a-t-il déclaré.
Au ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie Thérèse Sombo a qualifié les échanges de constructifs et dit compter sur la poursuite du processus.
Les dépenses de fonctionnement de l’appareil gouvernemental ont également été abordées. Le secrétaire général du gouvernement, Jean Hubert Ekumbaki, a défendu les crédits prévus pour son institution, en évoquant notamment les charges liées à l’organisation des réunions du Conseil des ministres et aux déplacements des membres du gouvernement dans les provinces.
« Les crédits [...] ont connu un petit accroissement. [...] Il y a un surcoût qui a été prévu. Sinon, c'est dans les normes », a-t-il expliqué.
Dans le secteur des Transports, le secrétaire général Pierrot Nke a davantage insisté sur la capacité du secteur à accroître ses ressources propres. Il a cité la digitalisation, la prise en charge des différents intervenants et les investissements parmi les leviers susceptibles d’améliorer la mobilisation des recettes.
« Les recettes, les ressources propres sont tellement importantes que nous allons les booster, nous allons les rechercher partout où elles sont cachées », a-t-il affirmé.
Ces consultations doivent se poursuivre jusqu’au vendredi 4 septembre. Elles constituent une étape dans le processus d’élaboration de l’avant-projet de loi de finances 2027, avant la finalisation des arbitrages budgétaires.
Gloire Malumba