Depuis Washington, l’opposant Ougandais Bobi Wine a appelé à la libération d’Alex Waiswa Mufumbiro et d’autres personnes détenues en Ouganda pour leurs engagements politiques. Son intervention a eu lieu vendredi 30 octobre 2026, lors de l’événement « Roll Call for Freedom », organisé au Lincoln Memorial à l’occasion de la Journée internationale des prisonniers politiques.
La question des prisonniers politiques Ougandais s’est invitée au cœur d’une mobilisation internationale organisée dans la capitale Américaine. Devant des défenseurs des droits humains et des personnalités engagées pour la liberté des détenus, Bobi Wine a particulièrement insisté sur le cas d’Alex Waiswa Mufumbiro, Porte-parole adjoint de la Plateforme d’unité nationale (NUP).
Selon l’opposant, Mufumbiro est détenu depuis près d’un an pour avoir, selon ses mots, « simplement dit la vérité ». Il dénonce une détention qu’il considère comme une mesure de répression politique et réclame sa libération.
Une détention aux lourdes conséquences familiales
Bobi Wine a également évoqué les conséquences humaines de l’incarcération de son collaborateur. Alex Waiswa Mufumbiro n’aurait pas pu bénéficier d’une libération sous caution, malgré les demandes introduites devant la justice.
Son épouse, Edith Katende Mufumbiro, est décédée en avril 2026 après une maladie. Toujours détenu au moment du décès, son mari n’aurait pas pu l’accompagner dans ses derniers moments ni assister à ses obsèques. Un épisode que Bobi Wine a présenté comme l’une des conséquences les plus douloureuses de cette incarcération.
L’opposant a aussi contesté le résultat des élections législatives dans la circonscription de Nakawa East, où Mufumbiro était candidat. Il affirme que celui-ci avait remporté les suffrages dans tous les bureaux de vote, mais que la victoire avait été attribuée à un autre candidat.
Cependant, la Haute Cour de Kampala a rejeté, le 30 octobre, la requête électorale de Mufumbiro et confirmé la victoire de Fred Ruhindi, candidat du Mouvement de résistance nationale (NRM). Le tribunal a estimé que les irrégularités soulevées ne suffisaient pas à modifier le résultat final.
Plusieurs autres détenus portés à l’attention internationale
Dans son intervention, Bobi Wine a également cité Eddie Mutwe et Doreen Kaija parmi les personnes dont il réclame la libération.
Il a par ailleurs soulevé le cas de Sam Mugumya, affirmant que l’armée Ougandaise nierait le détenir, alors que des vidéos constitueraient, selon lui, des éléments attestant de sa présence aux mains des militaires. Cette accusation n’a toutefois pas été vérifiée de manière indépendante.
Washington, une tribune pour les prisonniers politiques
Organisé au Lincoln Memorial par la coalition du 30 octobre et le National Endowment for Democracy (NED), le rassemblement avait pour objectif de rendre visibles les situations de prisonniers politiques à travers le monde et de soutenir leurs familles. Des anciens détenus et des défenseurs des droits humains de plusieurs pays ont également pris part à cette mobilisation.
En portant les cas de détenus Ougandais devant cette tribune internationale, Bobi Wine entend maintenir la pression sur les autorités de Kampala et attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des opposants incarcérés.
« Nous n’arrêterons jamais d’exiger la liberté de tous les prisonniers politiques », a-t-il déclaré, réaffirmant sa détermination à poursuivre cette mobilisation.
Diddy Mastaki