Le ministre de la santé publique, Roger Kamba, a affirmé, vendredi 02 octobre 2026 à Kinshasa, qu'environ 99 millions de dollars (près de 85 millions d'euros) n'avaient pas été dépensés par les partenaires, sur les quelque 227 millions de dollars mobilisés pour le premier plan de riposte contre la 17ᵉ épidémie d'Ebola que connaît le pays.
Lors d'un point de presse consacré à l'évolution de l'épidémie, le ministre a dressé un bilan en demi-teinte. Les cas sont en recul depuis le pic de la fin de juillet : le taux de reproduction effectif national est passé de 1,15 au 1ᵉʳ août à 0,97, soit sous le seuil de 1 à partir duquel une épidémie commence à décliner. La positivité des tests baisse, alors même que le nombre de dépistages augmente. Sur les 63 zones de santé touchées, 19 n'ont enregistré aucun nouveau cas depuis au moins vingt et un jours, dont 11 depuis plus de quarante-deux jours. Le suivi des contacts s'est nettement amélioré, passant d'environ 28 % en mai à 82 % au 28 septembre.
Mais c'est sur la gestion des fonds que M. Kamba a concentré ses critiques. Sur les 97 partenaires présents sur le terrain, seuls 25 % environ ont, à ce stade, justifié l'usage des ressources mobilisées en faveur de la RDC. Le ministre a annoncé un renforcement des mécanismes de contrôle, de transparence et de redevabilité.
Désormais, toute intervention de terrain sera subordonnée à une accréditation, elle-même conditionnée à la déclaration des financements reçus, de leur provenance et de leur affectation. Cette règle s'appliquera aussi aux partenaires déjà engagés dans la riposte.
Malgré ces indicateurs encourageants, le virus continue de circuler dans plusieurs foyers, notamment en Ituri et dans le Nord-Kivu. Les autorités sanitaires disent vouloir poursuivre leurs efforts pour rompre les chaînes de transmission, renforcer la surveillance épidémiologique et améliorer la détection précoce des cas, tout en promettant une gestion « transparente et responsable » des fonds.
Gloire Malumba