La Société civile de Kipese a lancé mercredi un appel à la vigilance, au lendemain du retrait des éléments de l’AFC/M23 de cette agglomération du Nord-Kivu, mettant en garde contre les risques persistants liés à la présence d’engins explosifs abandonnés.
Dans un communiqué publié en début d’après-midi, le noyau local de la Société civile souligne que si le départ des combattants peut être perçu comme un soulagement pour la population, il laisse derrière lui des zones à haut risque, notamment les camps désertés et certaines habitations abandonnées. Ces sites pourraient contenir des engins explosifs improvisés, des munitions non désamorcées ou d’autres dispositifs dangereux susceptibles de provoquer des drames.
« Toute tentative d’accès ou de manipulation expose à des conséquences graves », prévient l’organisation, évoquant des risques de blessures, d’amputations ou de pertes en vies humaines. Elle déplore par ailleurs la persistance de comportements jugés imprudents, certains habitants continuant de fréquenter ces lieux par curiosité ou dans l’espoir de récupérer des biens abandonnés.
La Société civile s’inquiète également de la dégradation du climat social, marquée par la propagation de rumeurs, la montée de discours de haine ainsi que des actes de pillage et de troubles à l’ordre public.
Face à cette situation, elle appelle à une « prise de conscience collective » et insiste sur la responsabilité partagée entre les citoyens et les autorités, pointant notamment un manque d’encadrement immédiat des zones sensibles et une insuffisance des actions de sensibilisation.
Dans ses recommandations, l’organisation exhorte la population à éviter strictement tout accès aux camps et maisons abandonnés, à ne manipuler aucun objet suspect et à signaler sans délai toute anomalie aux autorités compétentes. Une attention particulière est demandée pour empêcher les enfants de s’approcher de ces zones.
Elle invite en outre les habitants à adopter un comportement responsable, à promouvoir la paix et à s’abstenir de diffuser des informations non vérifiées.
« Le retrait des groupes armés ne signifie nullement la fin du danger », conclut la Société civile, appelant à maintenir un haut niveau de vigilance afin de préserver des vies humaines et contribuer à la stabilisation de la zone.
Daudi Amin