La ville de Beni, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, traverse depuis près d’une semaine une pénurie préoccupante de produits pétroliers. Cette situation, jugée alarmante par de nombreux habitants, perturbe fortement les activités économiques et la mobilité dans la ville.
Selon plusieurs sources locales, le litre d’essence a atteint dimanche un niveau record de 10 000 Francs Congolais, un prix largement supérieur au tarif habituel. Lundi matin, la situation restait quasiment inchangée, malgré la présence de quelques revendeurs disposant encore de stocks limités. Le prix varie selon les points de vente, mais l’approvisionnement demeure extrêmement insuffisant.
Dans plusieurs stations-service de la ville, les pompes sont désormais à sec. Devant les rares stations encore susceptibles d’être réapprovisionnées, des attroupements de motocyclistes se forment chaque jour dans l’espoir d’obtenir quelques litres du carburant.
« Nous passons parfois des heures à attendre devant les stations. Quand le carburant arrive, il disparaît en quelques minutes. À ce prix-là, travailler devient très difficile », explique Kasereka Lwanga, conducteur de moto-taxi rencontré près d’une station du centre-ville.
Face à cette flambée du prix du carburant, les conducteurs de motos-taxis et de taxis sont contraints de hausser leurs tarifs pour continuer d'exercer leur activité.
« Avant, je pouvais acheter le litre à environ 4 000 Francs. Aujourd’hui, certains le vendent jusqu’à 10 000 francs. Si nous ne réajustons pas le prix des courses, nous travaillons à perte », témoigne Jean-Bosco Kambale, un autre motocycliste.
Cette hausse des coûts de transport pèse directement sur les habitants. De nombreux clients se disent dépassés par l’augmentation soudaine des tarifs.
« Pour aller au marché, je payais 1 000 Francs. Maintenant on me demande parfois 2 000 francs. C’est devenu très difficile pour nous qui dépendons du transport chaque jour », déplore Chantal Kavira, vendeuse de légumes à Beni.
Certains habitants craignent également que la crise du carburant n’entraîne une augmentation générale des prix des marchandises.
« Quand les transporteurs paient le carburant plus cher, cela se répercute forcément sur le prix des produits au marché. Au finish, ce sont les consommateurs qui supportent tout », explique Patrick Mbusa, habitant de la ville.
Dans l’attente d’un réapprovisionnement des stations-service, la population espère à une intervention rapide des autorités et des opérateurs du secteur pétrolier afin de stabiliser les prix et rétablir la circulation normale du carburant dans la ville.
Diddy Mastaki