Le quotidien des Kinois s'apprête à devenir un véritable parcours du combattant. Suite à l'annonce d'une opération de contrôle musclée par la régie des fourrières et de contrôle technique (RFCK), la capitale craint une réduction drastique du nombre de véhicules en circulation. Entre sécurité routière nécessaire et risque de paralysie, le débat est lancé.
Dans un communiqué daté du 05 mars, la RFCK a durci le ton. L’objectif affiché est d’assainir les routes de Kinshasa en retirant de la circulation tout engin ne répondant pas aux normes de sécurité. L'opération prévoit non seulement l’immobilisation et la mise en fourrière, mais va jusqu’à la destruction systématique des véhicules jugés irrécupérables.
Les inspecteurs se concentreront sur des points critiques souvent négligés : État du pare-brise, des vitres, des rétroviseurs et du système d’éclairage. L’usage des feux LED est désormais strictement proscrit. Usure des pneus, étanchéité du réservoir et, point crucial, le niveau des émissions de gaz d’échappement.
Au-delà de l'état physique des véhicules, la ville de Kinshasa a déployé une armada de 3 000 agents pour un contrôle systématique des documents de bord. Pour échapper aux sanctions, les conducteurs doivent être munis de : leurs permis de conduire ; la vignette fiscale ; une assurance valide ; et le certificat de contrôle technique en cours de validité.
L'impact de ces mesures ne s'est pas fait attendre. Par crainte de voir leurs outils de travail saisis ou détruits, de nombreux transporteurs privés et propriétaires de « 207 » ou de taxis non en règle ont préféré garder leurs véhicules au garage.
Cette désertion des routes provoque déjà des perturbations majeures. Aux heures de pointe, les arrêts de bus sont pris d'assaut et les tarifs de transport informels grimpent, laissant craindre une paralysie totale si aucune mesure d'accompagnement n'est mise en place pour les transporteurs de bonne foi.
Gloiredo Ngise