Alors que les violences se poursuivent à Kwamouth, dans la province du Mai-Ndombe, l'opposant et président national de l'Ecide, Martin Fayulu, exige que les dirigeants nationaux expliquent à la population ce qui se passe réellement dans cette partie du pays située à l'ouest.
Pour Martin Fayulu, "le gouvernement de facto dirigé par Sama Lukonde Jean-Michel doit faire la lumière sur ce qui se passe à Kwamouth (Mai-Ndombe) et à Wamba, dans le territoire de Bagata dans le Kwilu".
L'opposant estime que les tueries qui s'y déroulent, y compris celles qui ont eu lieu dans la capitale Kinshasa, doivent être expliquées à la population congolaise. Il formule de ce fait une série de questions, demandant où sont les éléments de l'ordre ? Mais aussi qui prend en charge les personnes déplacées qui fuient les violences.
En effet, sur le terrain, plusieurs sources de la société civile indiquent que la situation des déplacés est déplorable. Des décès ont déjà été enregistrés suite aux mauvaises conditions de vie et à une prise en charge quasi inexistante. Déjà en octobre dernier, les déplacés sont descendus dans la rue pour manifester leur mécontentement, accusant les membres de la délégation gouvernementale d'avoir mal géré la distribution de l'aide humanitaire.
Il convient par ailleurs de noter qu'alors que les violences se poursuivent et se rapprochent progressivement de la capitale Kinshasa, CONGORASSURE.CD apprend de sources sécuritaires qu'au moins 14 présumés assaillants armés, parmi lesquels figurent neuf hommes et cinq femmes, dont deux portant des bébés, accusés d'avoir participé aux violences de Kwamouth, sont en état d'arrestation et détenus à Kwango.
Lors de leur présentation par les services spécialisés lundi au gouverneur du Kwango, Jean-Marie Peti Peti, l'autorité provinciale qui s'est félicitée de cet exploit a déclaré que les personnes arrêtées "sont de vrais tueurs".
Selon le gouverneur Peti Peti, ces assaillants ont été traqués à Mai-Ndombe et ils sont descendus à Kwilu, où ils ont également été traqués par les forces armées. "Aujourd'hui, ils n'ont qu'une seule issue et c'est le Kwango où nous sommes aussi vigilants, les résultats sont là. Ce n'est pas fini, ce n'est qu'un échantillon. C'est le premier lot que nous avons attrapé. Et l'objectif final, d'après ce que nous recevons comme informations, est d'atteindre Popokabaka. Nous faisons tout pour éradiquer ce conflit", a déclaré le gouverneur du Kwango.
Dans la province de Mai-Ndombe, à Kwamouth, un conflit particulièrement violent oppose les membres des communautés Téké et Yaka. Il a également atteint le territoire de Bagata à Kwilu. Depuis le mois de juin, selon plusieurs rapports, y compris ceux de sources officielles, au moins 200 personnes ont perdu la vie.
Par ailleurs, il y a quelques jours, le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Daniel Aselo, a annoncé que la violence avait atteint Kinshasa, où dans la commune de Maluku, 12 personnes ont été tuées.