Dans une déclaration acerbe faite sur son compte X (ancien twitter), Claudel Lubaya, député national et figure politique de l’opposition en République Démocratique du Congo (RDC), a vivement critiqué l'état de siège instauré par le président Félix Tshisekedi dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.
« Faute d'objectifs opérationnels précis et en l’absence de résultats escomptés, l'état de siège est un énième échec politique majeur du président Tshisekedi », a-t-il affirmé.
Proclamé en mai 2021 dans le cadre de la lutte contre l'insécurité persistante dans l'Est du pays, l'état de siège avait pour but d’accélérer la pacification des zones déchirées par des décennies de conflits armés. Toutefois, pour Lubaya, cette initiative n’a pas atteint ses objectifs. Selon lui, au lieu de se concentrer sur les opérations militaires, les autorités en charge auraient détourné leurs efforts vers des activités lucratives non liées à la sécurité.
« Les autorités militaires et policières commises à sa mise en œuvre ont abandonné, au vu et au su de tous, les opérations militaires au profit de la mobilisation des recettes, de la multiplication des taxes et des trafics de tout genre », a-t-il ajouté, soulignant que la gestion de l'état de siège serait entachée de pratiques corruptives, qualifiées « d'opération retour » en faveur de certains officiels de la présidence, ainsi que des ministères de la défense et de l'Intérieur.
Ces accusations sévères viennent renforcer les critiques croissantes sur la gestion de l’état de siège, un dispositif que beaucoup considèrent désormais comme inefficace. Alors que l'insécurité continue de sévir dans l'Est, Lubaya a également dénoncé ce qu'il perçoit comme une « opération de communication » orchestrée par la présidence pour donner l’impression d’agir, alors que la réalité sur le terrain reste inchangée.
Un avenir incertain pour l’état de siège ?
Malgré les attentes élevées lors de son instauration, l’état de siège semble avoir échoué à rétablir la paix dans les provinces concernées. De nombreux observateurs et acteurs politiques, à l'instar de Claudel Lubaya, demandent désormais une réévaluation de cette mesure. Plusieurs voix s’élèvent pour plaider en faveur de solutions alternatives, allant au-delà de l’approche purement militaire, pour aborder les causes profondes du conflit.
Cette situation met également en lumière les défis auxquels est confronté le président Tshisekedi à l'approche des prochaines élections. La sécurité dans l'Est reste l’un des points clés sur lesquels il sera jugé. Si l'état de siège est perçu comme un échec, cela pourrait peser lourdement sur son bilan et, par extension, sur ses perspectives politiques.
En attendant, les habitants du Nord-Kivu et de l’Ituri continuent de vivre dans une insécurité alarmante, tandis que les critiques contre l’efficacité des mesures prises par les autorités nationales se multiplient.
Diddy MASTAKI