Depuis le week-end dernier, l’opinion est confrontée à une déferlante médiatique sur les réseaux sociaux, faisant état des sévices corporels, de traitement inhumain et dégradant qu’aurait subis Jacky Ndala, acteur politique mieux connu. Son témoignage est glaçant.
À la suite de Jacky Ndala, le compatriote Roger Lubambula, arrêté le 02 septembre, en même temps que Seth Kikuni, a révélé mardi 24 septembre sur son compte X avoir été menacé de violences avant d’être jeté dans la cellule. Joseph Ilunga Mina lui a emboité le pas, lui qui affirme avoir été déshabillé et attaché, avant que des charges électriques ne lui soient posées pour le torturer à la DEMIAP. Bien avant eux, Fred Bauma, militant mieux identifié de la LUCHA avait, par son communiqué du 02 février 2024, fait part des traitements inhumains et dégradants qu’il avait subis à l’ANR où des agents l’avaient obligé de se déshabiller. Il s’agissait, de sa part, d’une alerte alarmante sur les conditions de détention dans les cellules clandestines des services de sécurité. C’est horrifiant, tous ces témoignages.
« Indignés, certains parmi nos compatriotes condamnent avec fermeté ces pratiques vieilles d’un autre âge, autrefois utilisées par la GESTAPO et les SS dans les camps de concentration sous le 3ᵉ Reich, par la TCHÉKA et le KGB à Moscou dans la sinistre Loubianka au temps de Staline, par la SECURITATE dans le complexe pénitentiaire d'Aiud en Roumanie sous l’ère Ceausescu, ou par la STASI en ex RDA, où les détenus politiques étaient torturés dans l’ancien Lichtenberg-Hohenschönhausen. Plus près de nous, au Tchad, l’ancien dictateur Hussein Habré recourait aux mêmes méthodes. En Guinée Conakry, sous le règne de Sékou Touré, les pratiques similaires furent d’usage dans le sinistre camp Boiro. Les victimes se comptent par millions, et les causes sont parmi celles dénoncées par certains de nos compatriotes », a écrit Claudel Lubaya.
En revanche, d’autres compatriotes mettent en cause ces différents témoignages qu’ils inscrivent dans le cadre du buzz. Ils ont tort.
Dans l’un ou l’autre cas, il y a lieu de relever que les victimes de ces traitements sont chanceuses, par le fait qu’ils en sont sortis vivants, quoiqu’avec des séquelles dont les médecins et autres psychologues pourront s’occuper.
« Que dire de Chérubin Okende, qui est passé par les mêmes services, mêmes cellules, et qui s’est retrouvé avec un corps criblé de balles, attestant qu'il était victime d'un odieux assassinat bien que, aux ordres, la justice a voulu masquer en suicide sans jamais convaincre ! Lui, n'a pas eu la chance de survivre aux violences dans les cellules de la DEMIAP », poursuit-il.
L’existence des lieux secrets de détention en RDC constitue un cinglant démenti pour le Président Tshisekedi qui s’était engagé, au cours de la campagne électorale 2018, à les fermer irrémédiablement, sitôt élu.
« Hélas, comme à ses habitudes, il n’a pas de parole, et ne respecte aucun engagement. Il maintient ces cellules humides, les multiplie et protège les auteurs des violences violences gratuites et traitements dégradants infligés au peuple d’abord. Dans ce contexte, la frontière entre la RDC et le Tchad d’Hussein Habré ou la Guinée de Sékou Touré est infime. Nous avons, comme Nation, comme humains, le devoir de compassion envers ces victimes. Ils sont certainement nombreux, ceux qui préfèrent vivre leur souffrance dans l'anonymat », a-t-il renchérit.
En attendant les conclusions des enquêtes éventuelles, Claudel Lubaya rappelle que la France vient de retirer ses titres de noblesse à feu abbé Pierre, icône de la défense des pauvres, après que des victimes aient révélé avoir subi des violences sexuelles de sa part. Le mouvement « ME TOO » est né d’une dénonciation d’une victime, et plusieurs se sont manifestées après. D'après lui, il y a toujours un début à tout. Justice pour les victimes. Le Congo ne peut pas être un enfer pour ses enfants.
DM Ngovoka, Beni