Le député national Éric Lucky Mumbere Bwanapuwa, élu de la ville de Goma, est devenu une voix majeure parmi les élus du Nord-Kivu qui s'opposent fermement à la reconduction de l'état de siège, en vigueur depuis mai 2021 dans sa province et celle de l'Ituri. Cet état de siège, initialement mis en place pour éradiquer les groupes armés et restaurer la sécurité, est de plus en plus perçu comme un échec patent par la classe politique et la société civile locale.
Le refus de M. Bwanapuwa et de nombreux de ses collègues est motivé par un constat amer : l'inefficacité de la mesure militaire face à la détérioration continue de la situation sécuritaire.
Trois ans après son instauration, l'état de siège n'a pas atteint ses objectifs fondamentaux. Les critiques s'accumulent notamment sur l’aggravation de l'Insécurité car loin de ramener la paix, la situation sécuritaire se serait dégradée. Des sources, y compris des rapports d'organisations de défense des droits humains, indiquent une augmentation des décès civils et l'escalade des affrontements, notamment avec la résurgence du M23 qui occupe plusieurs coins de la province du Nord-Kivu dont la ville de Goma.
Éric Bwanapuwa a dénoncé lors de la plénière de jeudi, le fait de devoir voter des prorogations successives (plus de 100 fois) pour une mesure qui est censée être exceptionnelle et provisoire, sans qu'aucun débat de fond ne soit mené au Parlement sur son évaluation critique.
Pour le député Bwanapuwa, l'absence de résultats concrets sur le terrain militaire et l'alourdissement du fardeau sur les populations, notamment les déplacés, justifient l'arrêt immédiat de la mesure. Il appelle à la levée de l'état de siège et au rétablissement des institutions civiles comme préalable à toute stratégie de sécurité efficace à long terme.
Daudi Amin