À l’occasion du 26e anniversaire de la « Guerre des Six Jours » à Kisangani, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege est monté au créneau ce samedi 06 juin. Il exige des poursuites judiciaires contre les responsables des massacres et réclame une enquête indépendante sur la disparition des fonds d'indemnisation versés par l'Ouganda.
Vingt-six (26) ans après les violents affrontements qui ont ensanglanté la ville de Kisangani, dans le Nord-Est de la République Démocratique du Congo (RDC), les plaies restent ouvertes. Dans un message publié ce samedi sur les réseaux sociaux, le docteur Denis Mukwege a vigoureusement plaidé pour la fin de l'impunité.
« Il y a urgence à traduire en justice les auteurs de ces crimes et leurs chaînes de commandement pour briser le cycle infernal de la violence, de la prédation et de l'impunité qui se poursuit jusqu'à ce jour », a martelé le prix Nobel de la paix.
Pour Denis Mukwege, les survivants et les proches des disparus « ont droit à la justice, à la vérité, à des réparations et à des garanties de non-répétition des atrocités ».
Du 05 au 10 juin 2000, la ville de Kisangani, aujourd'hui capitale de la province de la Tshopo, était devenue le théâtre d'affrontements d'une violence extrême. Les forces armées Rwandaises et Ougandaises s'y étaient affrontées à l'arme lourde, causant la mort d'environ un millier de civils Congolais.
Ces exactions, restées gravées dans les mémoires sous le nom de « Guerre des Six Jours », ne sont pas oubliées par la communauté internationale. Elles sont formellement documentées dans le rapport Mapping de l'ONU, qui les qualifie de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
Au-delà du devoir de mémoire, Denis Mukwege a pointé du doigt un scandale financier majeur concernant les réparations financières dues à la RDC.
En 2005, la Cour internationale de justice (CIJ) avait rendu un arrêt historique ordonnant à l'Ouganda de réparer le préjudice causé sur le territoire congolais. Après des années de surplace, la juridiction avait finalement fixé en 2022 le montant de ces réparations à 325 millions de dollars.
Le prix Nobel s'est indigné de la gestion opaque de ces fonds, qualifiant leur disparition d'« insulte inacceptable à l'encontre des victimes ». Il demande désormais qu'une investigation indépendante soit menée pour faire toute la lumière sur ce détournement de fonds massif.
Gloiredo Ngise