Le climat politique s'envenime brutalement en République Démocratique du Congo, où le projet de révision de la loi fondamentale cristallise toutes les colères. À Kinshasa, la mobilisation initiée par l’opposition a donné lieu à de vives tensions, révélant un fossé de plus en plus profond entre le pouvoir en place et les forces de la résistance civile et politique.
Au cœur de la discorde se trouve une initiative législative visant à modifier la Constitution, un projet que les leaders de la « Coalition 64 » qualifient sans détour de « coup d'État constitutionnel ».
L'opposition accuse le président Félix Tshisekedi de bafouer son serment constitutionnel à travers une manœuvre politique destinée à lui permettre de se maintenir au pouvoir au-delà des limites légales. Cette démarche intervient à environ deux ans de l'échéance de son second et dernier mandat, prévu pour prendre fin en 2028, avec une passation de pouvoir attendue en janvier 2029.
Le bras de fer s'est également cristallisé sur le plan géographique dans la capitale. Pour exprimer leur rejet catégorique de la proposition de loi sur le référendum, les organisateurs avaient choisi le Palais du Peuple, siège du Parlement et lieu hautement symbolique. Cependant, les autorités provinciales ont opposé un refus catégorique à ce choix, le gouverneur de Kinshasa proposant une délocalisation du rassemblement vers le terrain Assossa. Une alternative balayée par la Coalition 64, déterminée à faire entendre sa voix au cœur des institutions.
Cette divergence sur l'itinéraire de la manifestation a agi comme un détonateur dans un contexte déjà surchauffé. Des altercations d'une grande violence ont rapidement éclaté entre les manifestants et les forces de l'ordre dépêchées sur les lieux. Si les deux parties s'accordent sur le fait que les incidents ont fait plusieurs blessés, une guerre des chiffres s'est engagée concernant la gravité du bilan : les responsables de l'opposition affirment que des pertes en vies humaines sont à déplorer, une information formellement rejetée par les dirigeants de la ville de Kinshasa.
Gloiredo Ngise