Face à la progression de l’épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE) en Ituri, Chrisante Ibrahim Ucircanibule, membre du gouvernement provincial en veilleuse et cadre politique de l’Union sacrée de la Nation (USN), a appelé la population à faire preuve de responsabilité collective, à rejeter la désinformation et à soutenir les efforts de riposte afin de sauver des vies humaines.
« Aucune divergence politique, aucune appartenance communautaire et aucun différend personnel ne peuvent avoir plus de valeur que la vie humaine », a-t-il déclaré dans une déclaration rendue publique jeudi 18 juin.
Selon lui, l’Ituri traverse une phase préoccupante de l’épidémie, marquée par des centaines de cas confirmés et de décès, alors qu’un nombre important de cas suspects reste encore à investiguer. Cette situation, estime-t-il, exige davantage d’unité, de solidarité et de vigilance de la part de tous les acteurs de la société.
Au-delà de l’urgence sanitaire, Chrisante Ibrahim a mis en garde contre ce qu’il qualifie de second danger : la désinformation. Il déplore la circulation de rumeurs et de messages contradictoires dans les communautés ainsi que sur les réseaux sociaux, certains allant jusqu’à présenter Ebola comme un instrument destiné à nuire à une partie de la population.
« Ces affirmations, qui ne reposent sur aucun fondement établi, risquent d’éloigner les populations des mesures de prévention et de prise en charge, avec pour conséquence davantage de contaminations et de décès », a-t-il averti.
L’ancien membre de l’exécutif provincial estime également que la méfiance qui s’est progressivement installée entre certains acteurs sociopolitiques et les autorités publiques constitue un obstacle à l’efficacité de la riposte. Il a ainsi appelé à restaurer la confiance entre les institutions et la population, qu’il considère comme une condition essentielle pour renforcer l’adhésion aux mesures de lutte contre l’épidémie.
Saluant les premiers signes d’ouverture observés depuis l’entrée en fonction du nouveau gouverneur militaire de l’Ituri, Chrisante Ibrahim l’a encouragé à poursuivre les initiatives de dialogue inclusif engagées avec les différentes sensibilités sociopolitiques de la province.
Dans le même esprit, il a exhorté les acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition, ceux vivant en Ituri comme ceux se trouvant ailleurs ou en exil forcé, à dépasser leurs divergences pour se mobiliser autour d’un objectif commun : la protection des vies humaines, le renforcement de la cohésion sociale et la défense des intérêts supérieurs de la province.
Le cadre politique de l’USN a par ailleurs invité le gouvernement de la République à mettre à la disposition de l’Ituri les ressources nécessaires à une réponse efficace contre l’épidémie. Il a plaidé pour une plus grande implication des ressources humaines locales dans les différentes composantes de la riposte, soulignant leur connaissance du terrain, des langues et des réalités communautaires.
Chrisante Ibrahim a également salué le travail des leaders religieux, des autorités coutumières, des organisations de la société civile, des jeunes, des femmes ainsi que des équipes engagées dans la lutte contre Ebola. Selon lui, leur proximité avec les communautés constitue un atout majeur pour sensibiliser la population et renforcer la confiance dans les interventions sanitaires.
« L’Ituri a déjà traversé de nombreuses épreuves. Chaque fois que nous avons privilégié l’unité, la responsabilité et la solidarité, nous avons réussi à les surmonter. Aujourd’hui encore, notre salut collectif repose sur notre capacité à agir ensemble », a-t-il affirmé.
Concluant son message, il a lancé un appel à l’ensemble des Ituriens à écouter les professionnels de santé, à respecter les mesures recommandées par les équipes de riposte et à combattre activement les fausses informations.
« Protégeons nos familles. Écoutons les professionnels de santé. Combattons la désinformation. Restaurons la confiance. Et surtout, sauvons des vies », a conclu Chrisante Ibrahim Ucircanibule.
Joel Heri Budjo