Un rapport publié par l'organisation AFREWATCH, dans le cadre de la coalition le Congo n'est pas à vendre (CNPAV), met en lumière d'importantes disparités salariales au sein de l'administration publique Congolaise. L'organisation estime que ces inégalités alimentent la corruption et fragilisent la gouvernance publique.
Présentant les conclusions du rapport, Jean Keba, chargé de plaidoyer à AFREWATCH, qualifie la situation de « scandale ». Selon lui, certains agents de l'État siégeant dans plusieurs commissions non permanentes cumulent des primes leur permettant de percevoir entre 40 000 et 50 000 dollars Américains par mois, alors que d'autres fonctionnaires exerçant des missions essentielles ne bénéficient que de rémunérations très faibles.
Le rapport pointe également un manque de transparence concernant les revenus des plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République, la Première ministre, les ministres ainsi que les dirigeants des entreprises publiques.
Jean Keba rappelle qu'au cours d'une interview accordée à Goma, le président Félix Tshisekedi avait lui-même affirmé ne pas connaître le montant exact de son salaire, une déclaration que l'organisation considère comme révélatrice du déficit de transparence dans la gestion des rémunérations publiques.
Pour AFREWATCH, cette opacité crée un terrain favorable aux détournements de fonds et aux pratiques de corruption. L'organisation estime qu'en l'absence d'un mécanisme permettant aux citoyens, qu'elle qualifie de « souverains primaires », de contrôler les revenus et l'enrichissement des dirigeants publics, les efforts de lutte contre la corruption demeureront limités.
À travers ce rapport, la coalition CNPAV appelle les autorités Congolaises à renforcer la transparence salariale dans les institutions publiques et à instaurer des mécanismes de contrôle garantissant une rémunération plus équitable et conforme aux principes de bonne gouvernance.
Diddy Mastaki