L'ancien Vice-Président de la République, Azarias Ruberwa, a appelé à l'organisation d'un dialogue national pour faire face à la crise qu'il qualifie de « réelle, profonde et multidimensionnelle » que traverse la République démocratique du Congo.
Interrogé à Washington sur l'éventualité d'un « Sun City bis », Ruberwa a estimé que le contexte actuel diffère de celui de 2002. Selon lui, la RDC dispose désormais d'institutions fonctionnelles, d'une armée nationale et s'apprête à entrer dans un cinquième cycle électoral. Toutefois, il juge qu'un dialogue inclusif demeure indispensable pour répondre aux défis du pays.
L'ancien chef du RCD propose que cette rencontre nationale permette d'évaluer l'état de la paix et de la sécurité, de la démocratie, de la gouvernance et du développement des provinces. Il souhaite également que soient abordées les causes structurelles des conflits récurrents, notamment la pauvreté, les questions identitaires, la protection des minorités, ainsi que la mise en place d'une Commission Vérité et Réconciliation. À ses yeux, ce dialogue devrait aussi définir une « Vision 2050 » pour le pays.
Minembwe : Ruberwa dénonce une crise humanitaire et réclame une enquête internationale
S'exprimant également sur la situation dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, Azarias Ruberwa a dénoncé ce qu'il décrit comme des « bombardements journaliers au drone et par des avions militaires Sukhoï » dans la région de Minembwe.
Il accuse le gouvernement Congolais de mauvaise gestion du dossier et estime que la coopération militaire avec les forces burundaises aurait aggravé la situation, allant jusqu'à évoquer l'existence d'un « agenda caché » entre Kinshasa et Bujumbura.
Le représentant de la communauté banyamulenge réclame l'ouverture d'une enquête internationale et indépendante sur les violences commises dans cette zone. Il rappelle que d'anciens responsables des Nations-Unies avaient déjà évoqué un risque d'épuration ethnique et de génocide visant les Banyamulenge.
Azarias Ruberwa appelle par ailleurs à une intervention humanitaire d'urgence, estimant que la communauté internationale n'a pas suffisamment réagi malgré les alertes lancées par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Human Rights Watch et le Programme alimentaire mondial (PAM).
Enfin, il estime que la conclusion d'un cessez-le-feu durable dépend principalement de l'engagement du président Félix Tshisekedi, président en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), et de son homologue burundais Évariste Ndayishimiye, actuel président de l'Union Africaine.
Diddy Mastaki