Le vice-Premier ministre de l’Intérieur a remis aux partis et regroupements politiques la directive ministérielle encadrant l’année politique 2026. Le gouvernement entend renforcer le dialogue institutionnel tout en rappelant aux formations politiques leurs obligations légales.
Majorité et opposition réunies autour d’une même table. Ce mardi 4 août, à Kinshasa, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a présenté aux responsables des partis et regroupements politiques la directive ministérielle de l’année politique 2026.
Le document, remis à l’ensemble des organisations représentées, doit servir de cadre de référence à leurs activités au cours des prochains mois. L’exécutif affirme vouloir maintenir un dialogue institutionnel permanent entre les forces politiques, dans un contexte où les tensions entre pouvoir et opposition restent régulièrement au cœur du débat public congolais.
Dans son allocution, Jacquemain Shabani a insisté sur la nécessité de préserver l’unité du pays, malgré les divergences qui structurent naturellement la vie politique.
Le ministre de l’Intérieur a rappelé que les désaccords idéologiques, les rivalités électorales et les critiques adressées aux institutions ne devaient pas se transformer en facteurs de division nationale.
Un message qui intervient alors que la République démocratique du Congo reste confrontée à d’importants défis sécuritaires, sociaux et institutionnels. Dans ce climat, le gouvernement entend faire de la cohésion nationale une ligne rouge que les acteurs politiques sont appelés à ne pas franchir.
Organisée par le Secrétariat général chargé des relations avec les partis politiques, la cérémonie a également permis de détailler les principales orientations de la directive.
Le texte rappelle les exigences légales auxquelles doivent se conformer les formations politiques, notamment , le respect des textes qui encadrent leur fonctionnement, la régularité administrative, transparence de leurs structures et l’exercice de leurs activités dans le cadre fixé par la loi.
À travers cette initiative, le ministère de l’Intérieur entend à la fois structurer les relations entre l’État et les organisations politiques et renforcer le contrôle administratif exercé sur celles-ci.
Dialogue ou encadrement politique ?
La remise de cette directive ouvre toutefois une question centrale, celle de savoir jusqu’où peut aller l’encadrement administratif des activités politiques sans restreindre les libertés garanties aux partis et à l’opposition.
Pour le gouvernement, le dispositif doit favoriser un fonctionnement plus responsable du système démocratique. Les formations politiques, elles, seront attentives à la manière dont les différentes dispositions seront appliquées sur le terrain, notamment lors des réunions publiques, des manifestations et des activités de mobilisation.
L’efficacité de la directive ministérielle dépendra donc moins de son contenu que de sa mise en œuvre. Elle sera jugée à la capacité des autorités à garantir les mêmes droits et à imposer les mêmes obligations à l’ensemble des acteurs, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition.
Rédaction