La tension est montée d’un cran ce lundi 03 août à Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, où des prestataires engagés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola ont manifesté pour réclamer le paiement de trois mois d’arriérés de primes. La mobilisation, qui visait à dénoncer leurs conditions de travail, a été dispersée dans des circonstances controversées, les manifestants accusant les forces de l’ordre d’avoir fait usage de tirs.
Dans un mémorandum adressé au Président de la République, les agents de la riposte dénoncent le retard accumulé dans le paiement de leurs primes, alors qu’ils continuent d’assurer des tâches essentielles dans la lutte contre l’épidémie, notamment la surveillance communautaire, la sensibilisation, l’identification des alertes et l’orientation des cas suspects.
« Nous signalons qu’on a tiré sur nous. Les policiers ont tiré sur nous », ont affirmé certains manifestants lors de leur mobilisation.
Pour ces prestataires, cette situation constitue un double fardeau : d’un côté, ils font face à des difficultés financières liées aux impayés ; de l’autre, ils dénoncent une réponse sécuritaire qu’ils jugent disproportionnée face à une revendication sociale liée au fonctionnement de la riposte sanitaire.
Une alerte sur le fonctionnement de la riposte
Au-delà de l’incident de Mongbwalu, cette manifestation met en lumière les défis liés à la gestion des ressources humaines dans les opérations d’urgence sanitaire. Les agents communautaires et autres prestataires constituent un maillon essentiel dans la chaîne de réponse contre Ebola. Leur motivation et leur stabilité sont considérées comme des facteurs déterminants pour contenir la propagation de la maladie.
Les manifestants estiment que les retards de paiement risquent d’affecter l’engagement des équipes sur le terrain, alors que la riposte nécessite une présence permanente auprès des communautés.
Le besoin d’un dialogue pour éviter l’escalade
Cette situation relance le débat sur la nécessité d’un dialogue entre les autorités sanitaires, les responsables de la riposte et les prestataires afin de trouver une solution durable aux revendications exprimées.
Jusqu’à la publication de cet article, aucune réaction officielle des autorités administratives de Mongbwalu, de la Police nationale congolaise ou de la coordination de la riposte contre Ebola n’avait encore été communiquée sur les accusations de tirs formulées par les manifestants.
Dans un contexte où la confiance des communautés demeure un élément clé de la lutte contre Ebola, les acteurs de santé publique rappellent que la gestion des tensions sociales autour de la riposte constitue également un enjeu sanitaire majeur.
Joël Heri Budjo