Les populations vivant dans les zones sous occupation du groupe terroriste RDF-M23, dans l’Est de la République démocratique du Congo, font face à une situation humanitaire et économique alarmante, marquée non seulement par la violence armée, mais aussi par ce que plusieurs acteurs locaux qualifient désormais de “terrorisme économique”.
Selon un appel lancé par le député provincial élu du territoire de Nyiragongo, Julio Makeusa Kambale, les habitants de Nyiragongo, de Goma et d’autres entités sous contrôle du mouvement subissent un ensemble de pratiques qui aggravent considérablement leur précarité. Parmi celles-ci figurent une surtaxation abusive, des arnaques récurrentes ainsi que diverses formes d’extorsion visant des populations déjà fragilisées par l’insécurité persistante.
L’élu évoque notamment la multiplication de pratiques frauduleuses telles que “Nyendawagira” et les tombolas, présentées comme autant de mécanismes d’exploitation économique imposés aux civils. À cela s’ajoute, selon lui, un pillage systématique des ressources minières et forestières, exploitées puis exportées frauduleusement au détriment des communautés locales, privées ainsi des retombées de leurs propres richesses naturelles.
Dans le même temps, poursuit-il, le tissu économique local subirait une profonde désorganisation. Les activités commerciales locales seraient progressivement détruites ou marginalisées, au profit de monopoles attribués à des membres du mouvement, tandis que les opportunités d’emploi seraient accaparées par des intérêts extérieurs, renforçant la pauvreté au sein des populations occupées.
Face à cette réalité, les habitants de ces zones vivent désormais, selon l’honorable Julio Makeusa Kambale, “pris en étau entre la peur et la précarité”. Il estime que cette situation exige une réponse urgente de la part des autorités congolaises, à travers des mesures militaires et diplomatiques capables de mettre fin à l’occupation, de restaurer l’autorité de l’État et de garantir la sécurité des populations civiles.
Pour cet acteur politique, la paix, la sécurité et le rétablissement effectif de l’administration publique constituent les seules voies susceptibles de soulager durablement les souffrances des habitants concernés.
“Il y a urgence. Il y a détresse. Il y a un peuple à sauver”, plaide-t-il dans son message d’alerte adressé au gouvernement congolais.
Daudi Amin