A Manguredjipa, une agglomération située à près de 100 km de la ville de Butembo, une marche pacifique a été violemment réprimée le mardi 27 janvier 2027. Deux (02) personnes sont mortes et trois (03) autres blessées, dont un nourrisson.
Des associations féminines de Manguredjipa, au Nord-Est du territoire de Lubero, en province du Nord-Kivu, ont organisé ce mardi une « marche pacifique ». Protester contre les massacres des civils par les terroristes d’Allied Democratic Forces (ADF) et « l’inaction » des forces coalisées FARDC-UPDF et Wazalendo, tel était l’objectif de la manifestation.
Sous une couleur de deuil, la manifestation a pris une tournure sanglante. Des forces de l’ordre et de sécurité ont tiré sur les manifestants, tentant de les disperser, déclare un jeune homme qui a également participé à la marche. Il déplore l’usage de force contre les protestataires, même par des éléments Wazalendo.
Plusieurs sources locales avancent un bilan provisoire des deux morts et trois blessés par balles, dont un bébé de deux mois.
« Nous venons d’enregistrer deux décès et trois personnes blessées, dont un bébé de six mois. Nous condamnons tout ce qui vient de se passer », déplore le Président de la société civile du secteur des Bapere, Samuel Kagheni.
Il invite le gouvernement provincial à supporter les frais des obsèques de ces personnes mortes dans la manifestation. Pour solidariser avec les familles des victimes, la société civile annonce la cessation de toutes les activités sur toute l’étendue du secteur jusqu'à l'inhumation des victimes.
La Jeunesse de Bapere se joint aux organisatrices de cette manifestation, exigeant le départ du commandant des Forces Armées de la RDC axe Butembo-Manguredjipa et le chef du secteur des Bapere. Selon le Président de la jeunesse de Bapere, Regi Kanzuli Kebele, ces autorités militaires et administratives « se sont illustrées par l'inefficacité » face aux ADF et « méfiance » vis-à-vis des recommandations de la population.
Les ADF étendent les exactions contre les civils dans la chefferie des Baswagha et le secteur des Bapere, en territoire de Lubero. Des dizaines de civils sont tués depuis le 1er janvier de l’année.
Cet activisme terroriste a provoqué des mouvements de populations à Mwenye. Selon les sources locales, il s’agit des habitants des villages Mako, Itendi et Sebwe qui fuient vers la ville de Butembo et la chefferie voisine des Bashu, en territoire de Beni.
Martin Leku