La ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a de nouveau été endeuillée par une attaque meurtrière attribuée aux combattants des Forces Démocratiques Alliés (ADF). L’incursion est survenue dans la nuit du samedi 30 dans le quartier Ngadi, situé dans la commune de Ruwenzori, au Nord de la ville.
Selon les premières informations recueillies auprès de sources locales, au moins six (06) civils ont été tués lors de cette attaque. Plusieurs autres personnes ont également été blessées et transférées dans différentes structures sanitaires de la place pour recevoir des soins où l'une est allée succomber ; ce qui porte le bilan de sept (07) civils tués.
Parmi les victimes figure l’artiste comédien pygmée Nzanzu Mangese, une figure connue dans le milieu culturel local. Son père fait également partie des personnes tuées au cours de cette incursion sanglante.
D’après plusieurs témoignages, les assaillants ont principalement utilisé des machettes pour s’en prendre aux habitants. Certaines victimes ont été retrouvées avec de profondes blessures, témoignant de la brutalité de l’attaque. Contacté, le Bourgmestre de ladite commune confirme également la mort d'un élément des FARDC qui est tombé sur le champ d'honneur. Pour l'instant, le bilan est de huit (08) personnes qui ont péri dans cette attaque.
Au-delà du bilan humain, cette nouvelle attaque ravive de douloureux souvenirs dans la mémoire collective des habitants de Beni. Le nom de Ngadi reste en effet associé au début des massacres à grande échelle attribués aux ADF dans la région.
C’est dans ce quartier qu’avait été perpétré, le 15 octobre 2014, l’un des premiers grands massacres de civils ayant marqué l’expansion de la violence dans le territoire de Beni. Plusieurs dizaines de personnes avaient alors été sauvagement tuées.
Ngadi est également le lieu où le général Mamadou Ndala, considéré comme l’un des officiers les plus emblématiques des FARDC dans la lutte contre les groupes armés, avait trouvé la mort quelques mois auparavant dans une attaque qui continue d’alimenter de nombreuses interrogations.
Une menace persistante malgré les opérations militaires
Cette nouvelle tragédie intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des attaques contre les civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Malgré les opérations conjointes menées par les FARDC et l’armée Ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa, les ADF continuent de démontrer une capacité de nuisance inquiétante, multipliant les incursions contre les populations.
Pour de nombreux habitants, cette attaque rappelle que la menace reste présente jusque dans les zones périphériques de Beni, alimentant un sentiment d’insécurité permanent au sein de la population.
Diddy Mastaki