La ville de Beni a une nouvelle fois été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux combattants des ADF. Des hommes armés ont fait incursion aux environs de 4 heures du matin ce jeudi 11 juin 2026 dans le quartier Boikene, cellule Munzambaye, en commune de Rwenzori, au Nord-Est de la ville.
Selon les premières informations recueillies sur place, plusieurs civils ont été tués, tandis que d'autres sont portés disparus. Au moins deux corps avaient déjà été retrouvés dans la matinée, alors que les opérations de fouille et de recherche se poursuivaient encore dans la zone. Des habitations ont également été incendiées au cours de cette attaque.
Cette nouvelle incursion intervient moins de deux semaines après le massacre de Ngadi, qui avait déjà coûté la vie à plusieurs civils. La répétition de ces attaques dans les quartiers périphériques de Beni alimente un sentiment croissant d'insécurité au sein de la population.
De nombreux habitants dénoncent ce qu'ils considèrent comme « une incapacité » des autorités à protéger les civils face à la menace persistante des groupes armés.
« Trop c'est trop. Encore une attaque en pleine ville. Nous n'avons pas des autorités pour assurer notre sécurité. Comment à 3 heures ou 4 heures du matin des bandits peuvent opérer en toute quiétude sans l'intervention des services de sécurité ? », s'est indigné un habitant rencontré sur place.
L'attaque a également provoqué des mouvements de protestation dans certains quartiers de Beni. Des conducteurs de motos-taxis ont tenté d'organiser une procession avec la dépouille de l'une des victimes afin de dénoncer la recrudescence des massacres.
La manifestation a toutefois été dispersée par la police à l'aide de tirs de sommation, selon plusieurs témoins.
Ces détonations ont contribué à instaurer un climat de tension dans la ville, où la plupart des activités économiques ont fortement ralenti au cours de la journée.
Dans plusieurs secteurs de Beni, commerces, boutiques et marchés ont ouvert timidement ou sont restés fermés. Les habitants craignent de nouvelles attaques alors que les informations sur le nombre exact de victimes et de disparus continuent d'évoluer.
« Nous ne travaillons pas encore. Tout le monde a peur. Les informations qui circulent dans la ville créent une grande inquiétude. C'est une situation qui affecte même nos activités économiques », explique un opérateur économique rencontré dans le centre commercial de Matonge.
Cette nouvelle attaque relance le débat sur la sécurité dans la région de Beni, où les ADF sont accusés de poursuivre leurs opérations malgré les offensives militaires menées depuis plusieurs années par les FARDC et leurs partenaires.
Pour de nombreux habitants, la multiplication des attaques dans les zones urbaines et périurbaines traduit une détérioration de la situation sécuritaire et accentue la méfiance envers les autorités chargées de la protection des populations.
Diddy Mastaki