Les violences armées dans les territoires de Masisi et Rutshuru, continuent de générer des besoins humanitaires critiques et d’accroître les risques d’extension de l’insécurité vers les zones d’accueil
Plus de 277 000 personnes déplacées dans le territoire de Masisi nécessitent une assistance multisectorielle urgente et un renforcement de la réponse humanitaire intégrée.
Selon OCHA-RDC dans son rapport sur la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Nord-Kivu, la crise sécuritaire dans le territoire de Rutshuru s'est caractérisée par la poursuite des affrontements armés et une détérioration continue de l'environnement de protection.
Des tensions persistantes ont été signalées dans la chefferie de Bwito, face à cette situation, le 26 mai, des combats ont été signalés à Rumangabo, affectant notamment l'aire de santé de Katale et perturbant les mouvements de populations et le trafic sur l'axe Rugari–Rutshuru-Centre.
Le 24 mai, une frappe de drone a été signalée dans la localité de Rumangabo, aggravant les préoccupations de protection pour les populations civiles. L'insécurité routière continue de limiter les opérations humanitaires.
« Entre janvier et mai 2026, au moins sept braquage ciblant des convois humanitaires ont été rapportés sur l'axe Kiwanja–Kanyabayonga, où quatre personnes ont également été enlevées le 30 mai par des hommes armés non identifiés », décrit cette agence des Nations-Unies.
D'ailleurs à Rutshuru, selon une évaluation multisectorielle rapide menée par l'ONG HEKS/EPER du 14 au 16 mai 2026, au moins 19 500 personnes retournées et déplacées nécessitent une assistance multisectorielle d'urgence à Ngoholo, dans le groupement de Bukombo.
Outre le territoire de Masisi, dans ce courrier électronique dont une copié à été consultée par Congorassure.cd, d'autres informations révèlent que, le territoire de Masisi a connu une intensification des affrontements armés au cours du mois de mai 2026, entraînant de déplacements massifs de population.
D'ailleurs, entre le 21 et le 25 mai, des affrontements dans plusieurs villages du secteur de Katoyi, groupement Kibabi, ont entraîné le déplacement d'au moins 35 000 personnes vers des villages situés sur l’axe Katoyi-Rubaya.
Parallèlement, plus de 14 000 personnes déplacées sont arrivées dans les villages situés sur l’axe Karuba-Ngungu, fuyant les mêmes affrontements. Ces populations se sont installées dans des familles d'accueil et dans des centres collectifs, où elles vivent dans des conditions extrêmement précaires, caractérisées par des déficits critiques en vivres, en articles ménagers essentiels et en accès aux soins de santé.
Pendant ce temps OCHA-RDC fait craint, les risques d’extension des violences aux zones d’accueil demeurent élevés, accentuant la vulnérabilité des populations déplacées et des communautés hôtes ainsi que le risque de nouveaux déplacements. Le 24 mai, des frappes de drones ont touché la cité minière de Rubaya.
Des affrontements similaires se sont poursuivis sur les axes Loashi-Bukombo et Ngesha-Buroa, ainsi que sur l'axe Nyabiondo-Kinyumba avant de s'étendre à la cité de Nyabiondo le 27 mai. Ces affrontements ont entraîné d'importants déplacements de population, notamment vers Masisi-Centre. Avant cette recrudescence des violences de fin mai, les besoins humanitaires étaient déjà élevés.
Au finish, une évaluation rapide multisectorielle conduite par OCHA du 04 au 09 mai 2026 dans plusieurs localités autour de Masisi centre et sur l’axe Loashi-Bukombo et Nyabiondo avait déjà relevé des besoins multisectoriels pour environ 277 128 personnes déplacées qui ont fui à la suite de l'intensification des combats dans les villages environnants.
Dans ces zones, la capacité de réponse humanitaire demeure limitée dans ce contexte de violences persistantes et de mouvements de populations en expansion.
David Aluta