La pénurie des billets de 50, 100 et 200 francs congolais commence à produire des effets visibles sur l’économie quotidienne dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Cette rareté des petites coupures pousse plusieurs commerçants à arrondir systématiquement les prix, affectant directement le pouvoir d’achat des habitants.
Dans les marchés, boutiques, pharmacies et secrétariats publics, de nombreux produits ou services coûtant officiellement entre 50 et 400 FC sont désormais vendus à 500 FC faute de monnaie disponible.
« Nous avons parfois du mal à vendre au prix normal. Pour éviter les disputes avec les clients, je donne souvent des bonbons en guise de monnaie », explique Louis, tenancier d’une boutique au quartier Malepe.
Même difficulté dans les secrétariats publics où certains opérateurs disent être contraints d’augmenter les tarifs faute de petites coupures pour rendre la monnaie exacte.
Pour plusieurs habitants, cette situation crée une inflation silencieuse qui finit par peser lourdement sur les dépenses quotidiennes.
« Cela paraît insignifiant quand il s’agit de 100 ou 200 francs, mais accumulé chaque jour sur le transport, les photocopies ou les petits achats, cela devient une vraie perte pour les familles », témoigne un habitant de Beni.
Au-delà des simples difficultés de change, certains observateurs estiment que cette situation fragilise progressivement la crédibilité du Franc Congolais dans les échanges quotidiens. À mesure que certaines coupures disparaissent du circuit monétaire, les prix réels commencent à se détacher des tarifs officiels, favorisant des arrondissements permanents et renforçant indirectement la dollarisation de l’économie locale.
Dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et la baisse du pouvoir d’achat, commerçants et consommateurs appellent les autorités monétaires à réinjecter rapidement les petites coupures dans la circulation afin de limiter les impacts sur la vie des populations.
Diddy Mastaki