Du 22 au 24 juillet 2026 à l’Hôtel la Joie Plazza de Goma, une trentaine de journalistes issus de différents médias du Nord-Kivu ont pris part à un atelier intensif de renforcement des capacités. Initiée par le Programme de Promotion des Soins de Santé Primaires (PPSSP), avec l’appui du Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA) et le soutien financier du Gouvernement Britannique via UK Aid, cette rencontre visait à transformer les professionnels de l'information en véritables partenaires de santé publique, capables de lutter efficacement contre la désinformation liée à l'épidémie d'Ebola et de promouvoir la Santé Sexuelle et Reproductive (SSR).
Face à la résurgence des crises sanitaires, la circulation des fausses rumeurs entraîne souvent une baisse inquiétante de la fréquentation des structures de santé, exposant tout particulièrement les femmes enceintes et les nouveau-nés à des risques élevés de complications. Dès l’ouverture des travaux, les organisateurs ont rappelé qu'il est crucial de rassurer les populations : les centres de santé demeurent sûrs et disposent des ressources nécessaires pour assurer une prise en charge adaptée. Les médias ont ainsi été invités à valoriser les succès des interventions sur le terrain et à abandonner les traités sensationnalistes qui alimentent la peur.
Sous la facilitation d'experts sanitaires, notamment le Dr John M. et le Dr Pierrot, les participants ont révisé les notions clés de la santé sexuelle et reproductive, de la santé maternelle et de la planification familiale, tout en analysant les réalités des zones de santé vulnérables telles que Goma, Karisimbi, Nyiragongo, Masisi, Rutshuru, Mweso, Rwanguba et Kibirizi. L'accent a également été mis sur la Communication des Risques et l’Engagement Communautaire (CREC). À travers des travaux pratiques et des simulations d'émissions interactives, les journalistes ont appris à déconstruire les mythes entourant les Centres de Traitement Ebola et les maternités sans amplifier les fausses informations.
La dimension éthique et le journalisme humanitaire ont occupé une place centrale durant ces trois jours. Les intervenants ont insisté sur la protection stricte de l’identité des victimes de violences basées sur le genre (VBG), la confidentialité, la prévention contre l’exploitation et les abus sexuels (PSEA) ainsi que le rejet de tout récit stigmatisant.
Au terme de la formation, armés de techniques pratiques pour concevoir des articles, scripts radio et publications pour les réseaux sociaux, ces journalistes ne se positionnent plus comme de simples observateurs, mais comme des acteurs de première ligne essentiels pour restaurer la confiance entre les communautés et les services de santé.
Gloiredo Ngise