Le notable de la province de l'Ituri, Emmanuel Bahati Kukwabo, salue la décision du gouverneur militaire visant à suspendre les barrières à l'origine des tracasseries sur les principaux axes routiers. Pour lui, cette mesure constitue une avancée importante en faveur de la libre circulation des personnes et des biens.
Selon Emmanuel Bahati, cette décision est d'autant plus pertinente que plusieurs groupes armés ont, dans le cadre des efforts de paix, annoncé leur engagement à faciliter la circulation des populations. Il estime donc que les services de l'État doivent également contribuer à cet objectif en mettant fin aux pratiques illégales qui pénalisent les usagers.
« C'est une très bonne chose. Même au niveau des groupes armés, il a été dit qu'on allait laisser libre circulation des biens et des personnes. Si eux prennent un tel engagement, à plus forte raison l'État doit garantir cette libre circulation », a-t-il déclaré.
Le notable appelle toutefois à une bonne compréhension de la mesure prise par l'autorité provinciale. À ses yeux, celle-ci ne signifie nullement la suppression des contrôles sécuritaires sur les routes.
« Ce qu'on interdit, ce sont les tracasseries, mais on n'interdit pas les contrôles. Les checkpoints doivent exister. Ils permettent aux services de sécurité de contrôler les entrées et les sorties, de vérifier les personnes ou les véhicules lorsqu'il existe des raisons de suspicion », a-t-il expliqué.
En revanche, Emmanuel Bahati condamne les pratiques consistant à exiger de l'argent aux voyageurs à chaque poste de contrôle. Il rappelle que ces perceptions illégales constituent des tracasseries que la décision du gouverneur entend précisément éliminer.
Pour lui, la réussite de cette réforme dépendra de son application effective sur le terrain. Il invite les services de sécurité à maintenir les contrôles nécessaires à la protection des populations, tout en mettant définitivement fin aux actes de racket qui freinent la circulation et les activités économiques dans la province.
Joel Heri Budjo