La tension continue de monter dans la chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa, à l'approche des journées « ville morte » prévues les 3 et 4 août 2026. Au lendemain de la sortie médiatique du chef de chefferie, Ernest Asunya, qui s'est opposé à cette initiative et a menacé de poursuites des commerçants qui fermeraient leurs activités, la société civile réaffirme sa détermination à maintenir cette action citoyenne.
Dans une déclaration rendue publique ce samedi, Muhindo Mamboro Peresi, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) en chefferie des Babila-Babombi, assure que la mobilisation aura bel et bien lieu.
Selon lui, cette initiative, portée par une synergie des structures citoyennes, répond à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans cette partie du territoire de Mambasa. Elle vise notamment à dénoncer les massacres attribués aux ADF ainsi que les nombreuses tracasseries routières auxquelles sont confrontés les habitants.
Le responsable de la NSCC invite ainsi la population de Biakato, Makumo et des localités environnantes à respecter l'appel à la cessation des activités et à rester à domicile durant les deux journées de mobilisation. Il estime que cette démarche constitue une protestation pacifique destinée à interpeller les autorités sur l'urgence d'apporter des réponses concrètes à l'insécurité.
Cette prise de position renforce le climat de tension déjà installé entre la société civile et l'autorité coutumière. D'un côté, les organisations citoyennes défendent leur droit à une mobilisation pacifique pour attirer l'attention sur les souffrances de la population. De l'autre, le chef de chefferie maintient son opposition à la fermeture des commerces, estimant que les contrevenants s'exposeraient à des poursuites.
À deux jours de l'échéance, tous les regards sont désormais tournés vers Babila-Babombi, où la réaction de la population et des opérateurs économiques permettra de mesurer l'adhésion à cet appel et ses répercussions sur le terrain.
Joël Heri Budjo