Au Nord-Kivu, les groupes de pression de Butembo, ville commerciale de la province, dénoncent l'absence d'un cadre légal fixant les assignations fiscales. Ils interpellent les députés nationaux sur leur rôle au regard de la Constitution et de la loi relative aux finances publiques.
Dans leur déclaration lundi 26 octobre, ces mouvements citoyens dénoncent l'augmentation du taux de recettes assignées à la province par le Gouvernement de la RDC, en dépit de la crise sécuritaire et économique qui sévit dans la zone.
« Nous attirons l'attention de l'opinion publique sur les assignations des recettes passant de 23 milliards à 33 milliards de francs congolais », déclarent-ils.
D'après les groupes de pression, cette augmentation des objectifs de recettes n'est justifiée par aucun cadre légal ou nouvelle loi votée par le Parlement congolais.
« Il est donc nécessaire d'identifier précisément les dispositions légales ou réglementaires à l'origine, de comprendre les montants concernés, les institutions visées et les objectifs définis », ajoutent-ils.
Cette pression fiscale, selon eux, est ressentie par les opérateurs économiques du Nord-Kivu et subie par la population, dont le pouvoir d'achat a sérieusement chuté.
Interpellation de l'autorité budgétaire
Les groupes de pression de Butembo demandent aux autorités compétentes de fixer un cadre légal clair pour cette initiative, afin de sensibiliser et d'éclairer la population qui en supporte le coût. Ils appellent les parlementaires à défendre réellement la cause de la population, en tenant compte des réalités qu'elle traverse au quotidien.
« Aux députés nationaux de jouer pleinement leur rôle. Ils doivent notamment défendre les intérêts de la population qui les a élus, examiner les conséquences économiques et sociales des lois de finances, interpeller le Gouvernement sur les mesures fiscales contestées et proposer des réformes adaptées aux réalités économiques du Nord-Kivu », concluent-ils.
Il y a quelques semaines la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) regroupement de Beni avait dénoncé la hausse et multiplicité des taxes sur les produits importants au niveau de la douane de Kasindi.
Martin Leku