Plus de deux mois après l'érection de la structure en béton que vous voyez sur cette image destinée à accueillir un dispositif de lavage des mains reste inutilisée et surtout non achevée au parking Kasindi, dans la ville de Beni. Aucun kit n’y est encore installé, alors que la région fait face à une recrudescence de l’épidémie d’Ebola.
Au parking Kasindi, l’un des lieux de forte fréquentation de la ville de Beni, cet ouvrage, alors présenté comme faisant partie du dispositif de riposte contre Ebola suscite des interrogations. Visible sur une photographie, cette construction en béton encore avec des planches de coffrage est à l’arrêt depuis plus de deux mois. Pourtant, le matériel essentiel à son fonctionnement, notamment le kit de lavage des mains, n’est toujours pas installé.
Cette situation inquiète au regard de l’importance des mesures d’hygiène dans les espaces publics, où circulent quotidiennement voyageurs, conducteurs, commerçants et autres usagers.
« Pourquoi ils sont venus brûler des sommes colossales ici pour n'est servir à rien ? Tous les jours ils nous éduquent sur les mesures barrières, nous donnent des statistiques accablantes des nombres des morts de cette maladie pourtant ils ne nous rendent pas la tâche facile pour combattre Ebola ! », s'est exclamé un voyageur rencontré sur le lieu.
Des questions techniques etaint au départ un prétexte pour justifier ce retard bien que Ebola lui n'attend pas. Il continu sa propagation. Mais pour comprendre ça, ce jeune ingénieur en bâtiment et travaux publics interrogé nous a donné les vraies durée pour qu’une structure en béton armé soit solide et prête à supporter des lourdes charges.
« Sur le plan technique, le béton commence sa prise quelques heures après son coulage. Dans des conditions normales, il développe une partie importante de sa résistance au bout de sept jours, tandis que sa résistance de référence est généralement évaluée après 28 jours. Pour le ça de celui-ci, il près a supporter jusqu'à plus d'une tonne vue son épaisseur et le dosage », nous a expliqué Hamza Tulinabo.
Bien entendu, ces délais dépendent du dosage, de la qualité des matériaux et des conditions de cure. Mais après plus de deux mois, un ouvrage correctement réalisé devrait normalement avoir largement dépassé sa période habituelle de durcissement.
Dès lors, l’absence du dispositif de lavage des mains pose surtout la question du suivi et de l’achèvement des travaux. Pourquoi construire sans rendre l’installation opérationnelle ? Qui est chargé de son équipement et de son entretien ?
Une riposte sous pression après les révélations financières
Ces interrogations interviennent dans un contexte particulièrement sensible. Une enquête publiée par Actualite.cd le 31 octobre 2026 a mis en lumière des irrégularités présumées dans la gestion des fonds consacrés à la riposte contre Ebola, notamment des problèmes de traçabilité, des impayés et des soupçons liés à des personnels fictifs.
Ces révélations renforcent les attentes de transparence et de redevabilité autour des ressources mobilisées pour combattre l’épidémie. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’établir un lien entre ces irrégularités et l’abandon de l’ouvrage du parking Kasindi.
La population attend des équipements, pas seulement des constructions
Dans un lieu aussi fréquenté, un dispositif de lavage des mains fonctionnel, régulièrement approvisionné en eau et en savon, constitue une mesure élémentaire de prévention.
Les responsables de la riposte, les autorités sanitaires et les services chargés du suivi des travaux sont donc appelés à clarifier la situation et à rendre cet ouvrage opérationnel dans les meilleurs délais.
Alors que l’épidémie continue de mobiliser les équipes sanitaires dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, la prévention ne peut rester au stade des constructions inachevées. À Kasindi, chaque jour perdu dans l’installation des équipements est une occasion manquée de renforcer la protection des usagers.
Diddy Mastaki