Quelques heures après la dispersion musclée de la manifestation de l’opposition à Kinshasa, Delly Sesanga affiche une détermination intacte. Le président d’Envol et figure du Collectif des 64 (C64) assure que la mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle attribué au camp présidentiel ne fait que commencer.
L’opposant a dénoncé ce qu’il qualifie de « répression » orchestrée par le pouvoir et rendu hommage aux personnes qu’il affirme avoir été touchées lors de la manifestation. « Ce n’est que le début. Nous allons poursuivre ce combat jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix », a-t-il déclaré, accusant le président Félix Tshisekedi de vouloir « imposer un troisième mandat » à travers un changement de Constitution.
Pour Delly Sesanga, les événements du 12 juin marquent un tournant. « Nous étions là, mains nues, mais ils ont utilisé les forces de répression pour attenter à la vie des Congolais », a-t-il lancé, appelant à la poursuite de la résistance contre ce qu’il considère comme une tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel.
L’opposition dénonce des violences et des disparitions
Au-delà de la dispersion de la marche, plusieurs formations de l’opposition rapportent des incidents ciblant leurs structures. Le président de FONUS, Joseph Olenghakoy, affirme que le siège de son organisation a été attaqué par des individus qu’il présente comme des membres d’une « milice du régime ». Selon lui, un militant aurait été atteint par balle.
Le siège de l’ECiDé, le parti de Martin Fayulu, aurait également été pris pour cible. Des militants évoquent l’irruption de personnes en civil, accompagnées d’éléments portant des uniformes de la Police nationale congolaise.
Parallèlement, plusieurs sources proches de l’opposition font état de la disparition de six activistes après la manifestation. Les personnes recherchées sont identifiées comme Gauthier Kasongo, Best Mulamba, Trésor Muteba, Gloire Buka, Rebecca Tshongo Vikyo et Jean-Pierre Tshileo Mpoyi. L’opposition affirme également que les événements ont fait deux morts, plusieurs blessés et des personnes arrêtées.
Le gouvernement rejette les accusations
Ces allégations sont catégoriquement rejetées par les autorités. Après une descente sur le terrain, la vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela Kamba, a assuré qu’aucune victime n’était à déplorer et que les forces de l’ordre avaient agi « avec professionnalisme » et dans le respect de la loi.
Elle est également revenue sur les images de blessés et de traces de sang diffusées sur les réseaux sociaux. Selon elle, il s’agirait d’une « mise en scène orchestrée par l’opposition », affirmant que du sang d’animaux aurait été utilisé pour accréditer un scénario de violences policières. « Aucun tir à balle n’a été entendu aux abords du Palais du peuple », a-t-elle déclaré. Les récits des autorités et de l’opposition continuent donc de s’opposer frontalement sur le déroulement de cette journée de mobilisation.
La Rédaction