RDC : Human Rights Watch demande l’annulation de la condamnation « politique » des militants de la Lucha
Human Rights Watch a publié une déclaration sur la condamnation de 12 militants de la Lucha (photo) vendredi par un tribunal militaire à Beni (Nord-Kivu). Ces militants ont été condamnés à un an de prison pour avoir participé à une manifestation en novembre dernier.
Thomas Fessy, représentant de cette organisation internationale en RDC, qui affirme qu’il s’agissait d’une manifestation pacifique, a déclaré que cette condamnation est un rappel amer de la manière dont les autorités militaires utilisent l’état de siège et les tribunaux militaires pour réprimer les critiques pacifiques dans l’est du pays.
Pour ce chercheur principal de HRW, la condamnation était inappropriée, d’autant plus que les membres de la Lucha tenaient simplement des pancartes pour mettre en avant leurs revendications, notamment une meilleure protection des civils et la fin de l’état de siège. « Il s’agit de la suite de la répression militaire qui a commencé avec l’imposition de l’état de siège en mai dernier » a-t-il commenté.
Outre cela, HWR qui indique avoir documenté la régression du gouvernement congolais en matière de droits et libertés fondamentaux sous prétexte de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, appelle tous les partenaires de la RDC à sortir de leur silence et à faire pression publiquement sur le gouvernement pour qu’il mette fin à la répression liée à l’état de siège dans l’Est.
Eddy Mupika, Paluku Vihamba, Jeanpy Muhindo, Dieu-merci Kighoma, Joël Kabunga, Elysé Lwantumba, Eric Sankara, Georges Mumbere, Esaï Liko, Archimède Ependa, Dany Dimanja et Jireh Kabambi, tous âgés de 19 à 34 ans, qui étaient détenus depuis leur arrestation le 11 novembre 2021, ont été condamnés à un an de prison, dont cinq mois ont déjà été purgés, pour « provocation et incitation à l’atteinte à l’autorité publique ».