Le ministre d’État, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a réaffirmé, mardi 28 avril 2026, la volonté du gouvernement de restaurer l’autorité de l’État dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) et de relancer progressivement l’appareil judiciaire dans les zones affectées par les conflits.
Selon une note officielle du ministère, le garde des sceaux s’exprimait à l’issue d’une audience tenue à Kinshasa avec un caucus de députés originaires de l’Est du pays. Les échanges ont principalement porté sur les difficultés d’accès à la justice dans les territoires de Fizi, Baraka et Uvira, durement touchés par l’insécurité chronique et les séquelles des conflits armés.
Conduite par le député Théophile Basoshi, la délégation, composée d’élus de Walungu, Uvira et Fizi (Sud-Kivu), a alerté sur le déficit important d’infrastructures judiciaires dans plusieurs localités. Selon ces parlementaires, l’absence ou la faiblesse des juridictions accentue un vide institutionnel dans une région fragilisée par près de trois décennies de violences.
Les députés ont également évoqué la dégradation de la situation sécuritaire depuis la résurgence du groupe armé M23 fin 2021, qu’ils attribuent au soutien du Rwanda. Ils ont rappelé que l’occupation de Bukavu en février 2025 avait conduit Uvira à devenir chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, avant que la ville ne soit elle-même brièvement occupée entre décembre 2025 et janvier 2026 par les rebelles de l’AFC/M23, occasionnant d’importants dégâts sur les infrastructures publiques.
Dans ce contexte, les élus ont plaidé pour la création d’un tribunal de grande instance à Fizi, territoire d’environ 900 000 habitants actuellement limité à un tribunal de paix aux capacités restreintes. Ils ont également appelé au renforcement des effectifs de magistrats ainsi qu’à la réhabilitation des infrastructures judiciaires et pénitentiaires.
En réponse, Guillaume Ngefa a annoncé le déploiement d’une mission à Uvira chargée d’évaluer l’ampleur des destructions et de préparer la reprise progressive des audiences. Il a également encouragé la documentation systématique des pertes subies par les populations, qu’il a qualifiée d’étape essentielle pour mesurer l’impact du conflit et soutenir les efforts de stabilisation institutionnelle.
Au-delà des aspects techniques, cette rencontre s’inscrit dans la volonté des autorités de replacer la justice au cœur de la stratégie de pacification et de reconstruction de l’Est du pays.
« L’amélioration du cadre institutionnel et judiciaire demeure une priorité », a insisté le ministre, répondant aux préoccupations des députés, qui ont également alerté sur les conséquences de l’insécurité sur le climat des affaires et l’attractivité économique de la région.
Gloire Malumba