La détention du Roi miniKongo, Fabrice Zombi Kaviaboko Lokole, envoyé spécial du Chef de l'État Félix Tshisekedi dans le cadre des conflits communautaires entre Téké et Yaka, en territoire de Kwamouth dans la région de Maï-Ndombe, a suscité une vague d'indignation au sein de la communauté du Grand Bandundu en général et de la Cour Royale mini Kongo en particulier.
Alors qu'il avait été invité à participer à une réunion sur la situation sécuritaire dans le Kwamouth, le Roi Mini Kongo se trouve depuis quatre (04) jours en état d'arrestation au Camp Tshiatshi, sans visite de sa femme, de ses enfants ni même de ses avocats. Son avocat, Maître Senghor Malemba, affirme que le chef traditionnel est détenu pour des raisons politiques et demande donc l'intervention personnelle du chef de l'État, Félix Tshisekedi, pour sa libération immédiate.
La détention du roi Mini Kongo est une grave violation des droits de l'homme, déclare par ailleurs Me Senghor Malemba, qui soutient que c’est également une tentative de museler les témoins des massacres de Kwamouth, avec la complicité de certains politiciens qui ne veulent pas que les élections se tiennent dans cette partie du pays.
La situation sécuritaire dans le Kwamouth est très préoccupante depuis plusieurs mois, en raison des conflits communautaires entre Tékés et Yaka. Plusieurs morts ont déjà été enregistrés dans la région aux côtés de plusieurs personnes qui ont pris la route de l’exode. La mission du roi Mini Kongo devait normalement être de participer à la recherche d’une solution pacifique pour le retour de la paix dans cette partie du pays.
Pour rappel, en mai dernier le roi Minikongo a déclaré que ce conflit ne concernait pas seulement les Yaka et les Teke. “Pas seulement les Yaka, c'est archifaux. Le conflit concerne les fermiers et les chefs coutumiers Teke. Les fermiers avaient acquis des terres auprès de Teke, quand les Teke ont commencé à revendre ces terres à d'autres personnes, surtout de l'ancien régime, ces fermiers avaient trouvé que c'était de l'insécurité. Comme on les sortait par la force, c'est ce qui a fait qu'il revendique. Dans ces affrontements, quand les Forces Armées de la RD Congo (FARDC) sont arrivées, c'est alors que les Teke nous ont dit qu'il y a des Rwandais là-bas. On savait tous qu'il y avait des rebelles”, a-t-il dit, ajoutant que quand le président a institué la commission pour la recherche de la paix, ils sont entrés dans les forêts et n'ont trouvé aucun Rwandais, aucun Mbororo qui tuent les Teke. “Ceux qu'on a vu, ce sont les deux peuples Congolais en mésentente et qui se sont battus”, a précisé le Roi.
Plusieurs observateurs, qui dénoncent avec la plus grande énergie la détention du Roi Fabrice Zombi, soutiennent qu'elle constitue un obstacle à la résolution de ce conflit. Ils demandent au Président d'intervenir personnellement pour la libération immédiate du Roi Mini Kongo, et de veiller à ce qu'il bénéficie de toutes les garanties d'un procès équitable, s’il existe des faits qui lui sont reprochés. La Cour Royale Mini Kongo et la communauté du Grand Bandundu disent par conséquent attendre que justice soit faite et que la vérité sur cette détention arbitraire soit révélée.
CongoRassure